La Presse - 25 octobre 1925


La Presse 1925 10 25  l'attente au Palais-Bourbon

L'ATTENTE...
Dans les Couloirs du Palais-Bourbon

On demeure dans l'incertitude. Que feront MM. Painlevé et Caillaux? C'est le secret de demain.
Ce matin, le ministre des Finances, a travaillé plusieurs heures avec le directeur du budget au ministère des Finances.
On en a conclu que M. Caillaux étudiait avec lui les concessions qu'il pouvait faire aux groupes de gauche sans démolir l'en-semble de ses projets.
On prête, en effet, au ministre des Finances l'intention de se présenter à la tribune de la Chambre et d'y exposer sa politique financière. On assure qu'il porterait de rudes coups à ses adversaires du dehors.
Il faudrait pour cela que la discussion des problèmes financiers fût apportée devant les chambres. Le bruit court probablement tendancieux, que M. Painlevé voudrait éviter un débat financier qui mettrait contre lui la majorité des gauches. Mais il y a Locarno dont le ministère, à juste titre, peut revendiquer le grand succès. On prête au gouvernement l'intention de se présenter devant les chambres pour faire ratifier par elles l'acte de Locarno et de se retirer aussitôt après.

Ce ne sont là que des bruits de couloirs auxquels il ne faut ajouter qu'une foi très relative. Nous devons déplorer que les passions politiques égarent à ce point les hommes. Le ministère Painlevé a, à son actif, le redressement magnifique qui s'est opéré au Maroc, la victoire de Locarno qui constitue un premier pas vers la paix universelle et c'est ce moment que choisissent les politiciens pour mettre un pareil ministère en face de difficultés que l'on connaît! Nous ne saurions trop les flétrir et quelle que soit la gravité de la situation financière, on doit comprendre qu'elle ne peut être résolue en un seul jour et qu'elle ne le sera que par l'union de tous les bons Français.
En tous cas le ministère Painlevé aura bien mérité de la Patrie.


retour 25 octobre 1925