| Le Petit Journal Illustré - 18 octobre 1925 |
Une noce en voiture à bras
Ces jours derniers, une jeune Parisienne de vingt-deux ans, Mlle Marguerite Devierge, de sa profession émailleuse, épousait un chauffeur, M. Maurice Lamy. Mais c'étaient, il faut le croire, des amis de la gaîté, car, faisant fi du traditionnel cortège, ils se rendirent à la mairie du XXe arrondissement, eux, leurs parents et leurs invités, non pas en voitures, mais en poussettes. A l'aller, lés hommes se mirent dans les brancards pour véhiculer leurs cavalières. Au retour, ce fut le contraire les femmes s'attelèrent aux poussettes pour traîner les hommes.
Tout se passa, on l'imagine, le plus gaiement du monde, et les curieux, accourus sur le passage de cette noce originale, ne furent pas les derniers à s'amuser.
Je ne pense pas que cette mode désinvolte ait des chances de se répandre. Mais il est bon de signaler que ce n'est pas la première fois que l'on voit de ces cortèges fantaisistes. Dans le même arrondissement, au mois de décembre 1922, des mariés se rendirent à la mairie avec des petites voitures de marchands des quatre-saisons. En 1910, un ébéniste du faubourg Saint- Antoine utilisa également, pour ses invités et pour lui, des voitures à bras et, dans les premiers mois de 1914, à Drancy, dans la banlieue parisienne, des mariés facétieux utilisèrent le même mode de locomotion.
Il y eut mieux encore. En 1909, un employé des postes, habitant à Nice, épousa une jeune fille aussi fervente que lui de la bicyclette. Ils convainquirent leurs parents qu'il convenait d'adopter celle-ci à la place du banal landau. Tous les hommes en culotte et bas de sport, toutes les femmes en jupes courtes enfourchèrent des bécanes pour rendre visite à M. le maire et, après le banquet. se promener en groupe aux environs.
A Berlin, la même année, une noce traversa la ville, montée sur des patins à roulettes. En Angleterre enfin, à Bilveston, comté de Suffolk, le marié faisant partie de la compagnie de sapeurs-pompiers, ses camarades s'offrirent à le transporter, avec sa femme et leur famille, juchés sur des pompes. Oserai-je dire que, de tous les mariages fantaisistes, celui-ci fut le plus pompeux?
Ils viennent à leur mariage en bus à la mairie de Tomblaine dans la Meurthe-et-Moselle
| retour 18 octobre 1925 |
