| Journal des Débats - 15 novembre 1925 |
Chine
La guerre civile
Les nouvelles sont plus confuses que jamais. Il semble bien que l'information selon laquelle le président Touan-Tsi-Joueï aurait donné sa démission soit inexacte ou prématurée. En effet, un télégramme de Pékin, 13 novembre, annonce que le gouvernement a publié un décret disant qu'Ou-Pei-Fou est un rebelle, un perturbateur de l'ordre, et demandant à Feng-Yu-Hsiang et à Yuch-Nei-Chun, gouverneurs du Honan, de le soumettre. Le décret ajoute que Sun-Chuang-Fang fait des préparatifs militaires en violation des principes de paix adoptés par Touan-Tsi-Jouei. Il charge Tchang-Tso-Lin de défendre le chemin de fer de Tien-Tsin à Pékin.
A première vue, ce décret est incompréhensible, puisque le général Feng-Yu-Hsiang, auquel le gouvernement fait appel en temps qu'à Tchang-Tso-Lin, avait pris parti, disait-on, contre ce dernier et en faveur d'Ou-Pei- Fou. Mais plusieurs télégramme de Pékin, notamment un télégramme du correspondant du New-York Herald, expliquent que le gouvernement cherche ainsi à reconcilier Feng-Yu-Hsiang et Tchang-Tso-Lin.
On signale, d'autre part, des mouvements de troupes autour de Pékin. Feng-Yu-Hsiang retirerait ou regrouperait ses soldats du côté de Kalgan, tandis que Tchang-Tso-Lin ferait avancer son armée dans la direction de Pékin. Cependant, le correspondant de la British United Press à Pékin télégraphie que Tchang-Tso-Lin aurait avisé le président Touan-Tsi-Joueï qu'il allait, d'ici un jour ou deux, retirer ses troupes de la région de Pékin si, de son côté, le général Chi-Song ne laisse, dans la capitale qu'un minimum d'effectifs nécessaire au maintien de l'ordre.
Le gouvernement japonais a envoyé à Tsing-Tao deux contre-torpilleurs pour renforcer sa flottille. Deux autres contre-torpilleurs sont prêts à partir. Le vicomte Inouye, sous-secrétaire d'Etat à la marine, a quitté hier Tokio pour la Chine, afin de suivre de près le développement de la crise.
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