L'Œuvre - 08 novembre 1925


LOeuvre 1925 11 08 le fisc américain eut contrôler les exportateurs français

Tout de même pas ça !

Moi qui croyais que les Etats-Unis étaient le pays conservateur des vieux principes de liberté !
Voilà que des inspecteurs américains ont la prétention d'examiner les livres des commerçants français qui exportent des fournitures en Amérique et, si les commerçants se refusent à supporter cette inquisition, ni plus ni moins, on leur interdit de faire pénétrer dans les Etats les expéditions qu'ils ont faites. C'est ainsi qu'une maison de couture française a vu saisir, à la douane américaine, tous les envois qu'elle avait adressés là-bas.
Ce n'est pas sans peine que les commerçants et les industriels français ont toléré le contrôle du fisc; si les circonstances n'avaient pas été aussi graves, jamais on n'aurait obtenu d'eux qu'ils acceptassent ce contrôle ; non seulement embêtés par le fisc, voilà qu'ils sont menacés, sous peine de ne plus vendre en Amérique, de voir des inspecteurs, qui viendront en fumant de gros cigares et en mettant leurs pieds sur les tables, pénétrer les secrets de la comptabilité d'une maison.
Si nous avions été seuls à protester, il est probable que de gros fonctionnaires du commerce ou des affaires étrangères eussent convoqué les protestataires et leur auraient conseillé de céder.
Vous comprenez, nous faisons appel à votre patriotisme; ce n'est pas le moment de vous fâcher avec l'Amérique.
Mais la Suisse ne veut rien savoir de cette intolérable exigence, mais la Tchéco-Slovaquie envoie promener les Yankees; maintenant que nous avons l'appoint moral de ces deux protestations, est-ce que nous n'allons pas demander aux Américains, en dépit de leur Fordney Tariff Law, d'être un peu plus discrets?

D.


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