La Justice - 08 novembre 1925


La Justice 1925 11 08 Il faut fermer la bourse

FERMEZ LA BOURSE

M. Herriot a dit : « L'heure de la médecine est terminée, celle de la chirurgie a sonné. »
Avant de faire l'opération chirurgicale devenue indispensable sur la fortunę publique pour sauver la situation, il est une opération d'assainissement absolument urgente et nécessaire : c'est la fermeture de la Bourse, de toutes les Bourses de France et la cotation d'office, pour six mois, de toutes les valeurs.
La Bourse n'est que le temple de la spéculation et le repaire de tous les voleurs qui s'enrichissent aux dépens de la nation. C'est là qu'est organisée la spéculation sur le franc et sur toutes les valeurs qui touchent à notre crédit national.
On vient d'ouvrir une instruction contre cette spéculation. C'est insuffisant.


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Il faut fermer complètement la Bourse et décréter à l'Officiel, le jour même, que la livre anglaise vaudra 50 francs, le dollar 10 francs, le franc suisse 2 francs, la peseta 1 fr. 50, ce qui représente la valeur réelle de ces monnaies et celle qu'elles avaient au moment de nos emprunts. On procèdera de la même façon pour les autres monnaies étrangères.
En même temps, toutes les valeurs cotées seront fixées proportionnellement sur leur valeur réelle avec interdiction absolue, sous peine de prison, d'amende et de confiscation, de tout achat ou de toute vente, pendant six mois, au-dessus de ces prix qui seront revisés deux fois par an pour les monnaies comme pour les valeurs.
Charbonnier est maître chez lui.
Les étrangers diront ce qu'ils voudront. Ils seront bien obligés de continuer à faire des affaires avec nous. Leurs bénéfices monstrueux et injustifiés seront moins scandaleux, voilà tout.
De la sorte, le plus fort de l'assainissement sera fait. Nos dettes seront ramenées aux justes proportions qu'elles avaient au moment des emprunts, et nous ne risquerons pas la banqueroute, comme les affres de la vie chère devenant la vie impossible qui nous conduiraient aux pires catastrophes.
Si quelques milliers d'individus souffrent de cette opération chez nous, on aura la consolation de penser qu'elle sauve trente-huit millions de Français. Sur quelle morale, d'ailleurs, peut-on s'appuyer pour laisser subsister ce scandale d'autoriser des gens à vendre des valeurs qu'ils n'ont pas et à acheter des valeurs dont ils ne prennent pas livraison, ce jeu se faisant au détriment de tous les intérêts nationaux, alors l'Etat ne prend même pas sur lui le pourcentage qu'il prend sur le jeu dans les cercles et les casinos?

Il faut fermer la Bourse tout de suite, d'autant que cela nous vaudra d'un seul coup plus de deux cents milliards et le plaisir de voir des milliers d'étrangers marrons fuir dans leur pays comme les punaises devant l'essence de térébenthine en laissant quelques logements disponibles.
Le chancre rongeur de la spéculation à la Bourse attend le bistouri qui, seul, peut nous en débarrasser.
Fermez la Bourse!
Fixez le prix des monnaies et des valeurs.
Il n'y a pas besoin d'un dictateur pour cela!