| Le Petit Journal Illustré - 08 novembre 1925 |
A DUMANGA, près de Turin, vient de mourir un homme dont le nom, Vincenzo Perrugia, ne doit plus rien dire à personne et qui, cependant, eut son heure de notoriété. Ce fut lui, en effet, qui vola «la Joconde».
On se souvient de la surprise éprouvée par tous quand on apprit, par les journaux, un beau matin du mois d'août 1911, qu'un des plus beaux tableaux de Léonard de Vinci, le plus célèbre, peut-être, du Louvre, avait disparu mystérieusement. On se livra à maintes conjectures sur les raisons de ce vol sensationnel, on bâtit force romans. Or, la vérité était toute simple. Un ouvrier italien, employé à des travaux de réparation dans les salles du musée, le Vincenzo Perrugia en question, s'était imaginé qu'il tirerait profit de son larcin. Il avait décroché le portrait de Monna Lisa le plus facilement du monde, avait sorti de son cadre le panneau de bois et, l'ayant caché sous sa blouse de travail, avait tranquillement quitté le musée sans que personne songeât à l'interroger ni à le fouiller.
Pendant deux ans et quatre mois, la Joconde demeura exilée du Louvre. Son voleur l'avait emportée en Italie et, ne sachant qu'en faire, attendait. Ce fut seulement au mois de décembre 1913 qu'il se décida à en proposer l'achat à un antiquaire de Florence et que, naturellement, il se fit pincer, en voleur trop naïf qu'il était.
Enlever la Joconde, que le monde entier connaît, au moins par ses reproductions, et vouloir la vendre !... Comme dit le bon sens populaire, Vincenzo Perrugia y était allé « un peu trop fort »...
L'INDISCRET.
Un siècle plus tard son nom circule dans toute la presse, à la suite d'un autre vol au Louvre, et on revient à la Une
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