| Le Petit Journal Illustré - 08 novembre 1925 |
NOS GRAVURES
Le conflit gréco-bulgare
C'était un axiome de politique étrangère, souvent répété autrefois, que la tranquillité de l'Europe était à la merci du moindre événement survenu dans les Balkans. On a pu malheureusement se rendre compte, en 1914, que rien n'était plus vrai. Cette fois, il n'en sera pas de même, grâce à l'intervention, énergique et prompte, du Conseil de la Société des Nations. M. Briand et M. Chamberlain, réunis aussitôt à Paris, pour régler le différend, ont prouvé, par leur décision, l'efficacité des procédures d'apaisement.
Il n'en reste pas moins qu'on a pu craindre, un moment, de voir s'envenimer davantage le conflit surgi tout à coup entre la Bulgarie et la Grèce.
Comment a-t-il commencé? On ne saurait le dire, tant la version des deux parties est divergente. Une chose est sûre, c'est que les troupes grecques ont pénétré en territoire bulgare, ont chassé les postes-frontière qui voulaient s'opposer à leur avance, et ont poussé la cruauté inutile jusqu'à bombarder quelques localités dont le village de Petrich.
Les habitants, se souvenant des horreurs de la guerre qu'ils ont connues pendant tant d'années, ont pris peur et ce fut, aussitôt, comme tant de fois déjà, la lamentable odyssée des femmes, des vieillards, des enfants, entassant dans des voitures leurs objets les plus précieux et s'en allant, en hâte, le long des routes poussiéreuses et sous l'éclatement meurtrier des obus.
Pour l'honneur de l'humanité, ce sont là des tableaux que l'on ne doit plus revoir.
Pétritch en Bulgarie
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