L'Intransigeant - 08 novembre 1925


LIntransigeant 1925 11 08 se faire couper les cheveux Mesdames

Se faire couper les cheveux, Mesdames?

Un acte de la vie courante, dit le juge!
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce juge est à la page.
Se faire couper les cheveux ? C'est, déclare-t-il dans ses « attendus », pour une femme ou une jeune fille un acte de la vie courante.
Il s'agit, dans le cas particulier, d'une jeune personne de Dijon, âgée de 14 ans, qui avait fait à la mode le sacrifice de sa chevelure.
Le père, inapte à comprendre les audaces de la génération actuelle, entra dans une grande colère et intenta au coiffeur un procès trois cents francs de dommages-intérêts.
C'est alors qu'intervint la philosophie du juge:
«...Attendu que la jeune fille, en se faisant couper les cheveux, n'a accompli qu'un acte de la vie courante et que les mineurs n'ont pas besoin en ce cas de produire d'autorisation paternelle; et qu'ainsi le coiffeur n'aurait commis de faute qu'en agissant contre la volonté du père, chose qui n'a pas été démontrée préalablement... Etc... etc... »
Le père mécontent a été débouté et condamné aux dépens.

un siècle plus tard - Une habitante de Boulogne-sur-Mer porte plainte contre une coiffeuse après une coupe jugée ratée sur sa fille


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