| Le Pêle-Mêle - 22 novembre 1925 |
LES BAS DE L'EMPEREUR
Napoléon portait-il uniquement des bas, ou portait-il aussi des chaussettes? Il a, c'est certain, porté l'un et l'autre; du moins à Sainte-Hélène. Mais ce sont les bas qui dominent, et il paraît en avoir fait une certaine consommation.
On n'est pas très exactement fixé sur ce point; toutefois, le chiffre de quinze paires par mois ne paraît pas extraordinaire; au fond, c'est peu, pour un Empereur très soigneux de sa personne et qui ne portait que des bas de soie blancs. Il faut aussi remarquer que toutes ses chaussures (souliers, escarpins, mules, pantoufles) étaient doublées de soie, il avait même des bottes doublées de molleton et de peluche de soie, qu'il payait, la modeste somme de 80 francs. En 1810, l'année de son mariage avec Marie-Louise, on lui fournit six paires de pantoufles en maroquin rouge doublées de peau d'agneau.
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Les prix de ces bas de soie furent, semble-t-il, fort raisonnables, surtout si on les compare aux prix actuels. L'un de ses principaux fournisseurs était Panier « bonnetier breveté de l'Empereur »! Il les livrait par trente ou soixante paires, et à dix-huit francs la paire; c'était pour rien. En janvier 1813, il y eut même une livraison faite au prix de onze francs.
Pour une paire de bas de soie (et une paire de gants) on paya, pour la broderie en or, quatre-vingts francs à Milo Four, brodéuse.
A titre de simple indication: Napoléon payait ses jarretières élastiques de 3 à 4 fr. 50 la paire.
De tous ces bas, il ne devait en rester qu'une très faible quantité en 1821 à Sainte-Hélène, car dans l'inventaire du linge confié au valet de chambre Marchand pour être remis au fils de l'Empereur, le testament ne relate que six paires de bas de soie et six paires de chaussettes.
Chez l'impératrice Marie-Louise, la consommation en bas de soie, ou autre, dut être assez élevée, si on s'en rapporte au nombre relaté dans la composition de son trousseau : cent huit paires en soie et vingt-quatre paires en coton; le tout pour la somme de 4.752 francs. Les plus chers étaient de 72 francs, et les plus modestes de seize francs. Tous ces bas trouvèrent abri dans de mignonnes chaussures de satin blanc, brodées d'argent, garnies de cygne, d'hermine mouchetée, d'astrakan, faites sur des modèles envoyées de Vienne,
N'oublions pas que Marie-Louise avait un très joli pied : « On m'a toujours dit que mon pied était joli, faisait-elle reinarquer, à Blois, en 1815, à un moment où elle aurait dû penser à bien d'autres choses
