| Le Petit Journal Illustré - 29 novembre 1925 |
NOS GRAVURES
Un contre dix
Au moment où la situation marocaine nous préoccupait le plus, se déclanchait dans les territoires syriens confiés au mandat de la France, un mouvement qui ne laissait pas non plus d'être inquiétant. Dans le Riff, le commandement prudent et sage du maréchal Pétain a écarté tout danger.
Il y a tout lieu d'espérer qu'en Syrie il en sera bientôt de même. Mais, il faut le reconnaître, nous avons connu là-bas des heures graves.
Sans doute, les dépêches d'origine étrangère ont fort exagéré. Nos pertes n'ont pas été celles que l'on a dites. Elles ont surtout porté sur des troupes indigènes qui n'étaient nullement préparées au rôle difficile qu'on leur a demandé. Par contre, on a vu, à leur habitude, nos braves tirailleurs sénégalais se montrer héroïques.
Un des exemples le plus récemment rapportés est celui que représente notre grande gravure en couleurs.
Un poste de Sénégalais occupait un village des environs de Damas, quand il fut attaqué par un nombreux parti de cavaliers druses. Tout autre en eût peut-être été épouvantée, mais notre petite troupe n'hésita pas un instant à tenir tête à l'attaque.
Ils étaient un contre dix, mais qu'importe ! S'abritant derrière les murs des maisons, construisant rapidement une barricade à travers le seuil du village, ils mirent en batterie mitrailleuses et lebels, couchèrent sur le terrain un grand nombre de leurs adversaires et, quand ils furent abordés par les survivants, ce fut entre eux une lutte farouche, à l'arme blanche, baïonnette contre sabre.
Epuisés, vaincus par une si indomptable résistance, les Druses s'enfuirent. Les Sénégalais, fidèles serviteurs de la France, l'avaient loyalement défendue une fois de plus.
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