A Paris midi article 01 nationalistes allemands 1

Le mouvement nationaliste en Bavière
L'attitude de von Kahr

Berlin, 29 Septembre.
Les informations venues de Bavière font constater que l'esprit nationaliste et monarchiste continue à dominer dans le pays. M. Von Kahr, qui est un des chefs de ce mouvement, jouit naturellement d'une certaine influence sur les milieux réactionnaires, et, à ce point de vue, son choix comme commissaire d'Etat, pour le maintien de l'ordre a été heureux; mais il ne peut se départir dans l'exécution de ses nouvelles fonctions d'une partialité en faveur des éléments qui sont animés des mêmes sentiments que lui.
Il a autorisé pour samedi et dimanche prochains la tenue de réunions nationalistes où Hitler prendra la parole, et d'une fête de régiment où l'ex-kronprinz Ruprecht doit prononcer un discours; mais il a interdit, non seulement le congrès des Conseils ouvriers d'exploitation, mais aussi les fêtes organisées pour dimanche prochain par la Ligue Républicaine, sous le prétexte que, dans les premières réunions, il ne serait pas question de politique, tandis que dans les dernières le but était évidemment politique.
Accusé dans la presse de préparer pour un avenir prochain la proclamation d'une monarchie en Bavière, il a publié une sorte de démenti, dans lequel, après avoir fait profession de foi royaliste, il ajoute seulement qu'il n'a pas le temps de s'occuper de toutes les accusations de presse relatives à ces faits et dires qui n'ont rien à voir avec son devoir de commissaire d'Etat. (radio)
Un appel du Parti National allemand
Berlin, 29 Septembre. Le parti national allemand adresse au peuple l'appel suivant :
«Peuple, sois prêt ! Le jour n'est pas éloigné où toutes les illusions pacifistes internationales s'effondreront sous la puissance des faits, alors sonnera l'heure pour le gouvernement national qui, advienne que pourra, persévérera dans la voie du salut pour l'Allemagne. »
Dans le reste de ce document, les nationaux allemands attaquent la coalition gouvernementale actuelle « qui a livré à l'ennemi les intérêts allemands »; et appellent le cabinet Stresemann, le gouvernement de capitulation. Ils déclarent, de plus, qu'ils n'accepteront jamais de nouveaux traités d'extermination. (radio)