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La Presse - 03 janvier 1926


La Presse 1926 01 03  le flâneur et le glaneur : Le Bois de Boulogne abrite encore cerfs et biches

 Tous les Parisiens savent que les fourrés du Bois de Boulogne abritent encore quelques cerfs et quelques biches. Mais bien peu ont eu la chance d'apercevoir l'un de ces animaux.
Un de nos confrères du «Petit Journal» en s'enfonçant dans le bois derrière le Champ de courses d'Auteuil, a pu voir, l'autre jour, deux cerfs, onze biches et un paon.
Il a demandé à un vieux garde du Bois combien de ces animaux y restaient encore
«Peut-être trente ?... a répondu le garde. Peut-être quarante ? Leur vie est difficile. Les autos et les cyclistes les pourchassent, par jeu. Et je soupçonne quelques braconniers d'en diminuer, chaque année le nombre. Des cerfs ? Nous devons en compter cinq ou six au plus. Leur race est menacée ».

Ne pourrait-on pas la conserver? N'est-ce pas une charmante vision que celle d'un troupeau de biches fuyant, rapides, parmi les branchages cassants, les feuilles mortes ou les jeunes pousses, et mettant un peu de poésie dans ce bois vaste, que le réalisme pratique des urbains a transformé, avec ses os et ses papiers gras, en un garde-manger dominical.
Sauvons les biches du Bois. Défendons-les contre les cyclistes, les automobilistes et les contrebandiers: c'est la requête que nous formulons avec notre confrère.

L'influence arabe se remarque dans certaines coutumes et constructions de l'Auvergne.
A ce propos, un intéressant article des «Débats» rappelle qu'au commencement du huitième siècle, des Arabes passèrent les Pyrénées et, d'étape en étape, s'étendirent sur le sud-ouest et le centre de la France. On sait qu'une bande de ces envahisseurs se divisa en deux colonnes en traversant les Cévennes.
Vers 730, Saint-Ilpize fut assailli par les mêmes routiers et rançonné. La position, dans le défilé du Haut-Allier, était forte; elle ne put être rasée, mais les Sarrasins la contournèrent et réussirent à s'établir sur le plateau voisin.
De ce temps date le ksar d'Ali et par conséquent le pittoresque bourg (aujourd'hui Ally) qui continue de dominer les pentes rapides au fond desquelles coule la rivière

Le chef des Arabes, Ali, se trouvait sur les terres des Mercœur; il en prit possession et s'y tailla une seigneurie indépendante.
Cette colonie fut prospère et imposa ses coutumes aux indigènes. On doit certainement aux étrangers le système ingénieux d'irrigation des prairies, l'introduction du blé noir, l'art de marteler le cuivre, des procédés d'architecture inconnus, comme la construction des voûtes, ainsi que de grands progrès eu sculpture.
Après douze siècles, des vestiges de cette influence sont encore visibles dans le pays. La porte dite de Saint-Odilon, à la Voute, offre à l'observateur des dessins arabes curieux que l'on retrouve sur les portes très anciennes de la basiilque Notre-Dame du Puy, dont les caractères coufiques ont intrigué plus d'un visiteur, étonné de rencontrer en cet endroit une invocation a Allah encadrant des décors sans relief, à la mode arabe.
N'y aurait-il pas eu, à Ally, une école de sculpture sarrasine qui aurait étendu son influence sur toute la région ?

 Existe-t-il encore des descendants de J.-J. Rousseau.
On sait que celui-ci s'est lui-même vanté, dans ses «Confessions», d'avoir abandonné ses enfants à l'Assistance publique.
Mais les journaux ayant annoncé, en décembre 1825, la mort à Genève d'un M. J.-F. Rousseau, et la presse ayant déclaré qu'il était le dernier rejeton de la famille de Jean-Jacques, cette nouvelle fut démentie de Genève.
On apprit alors que M. J.-F. Rousseau, mort à Genève le 25 novembre, avait un fils, Edouard-Louis, né en 1811 et qui habitait aussi Genève.
«Il y a en outre encore un autre cousin de Jean-Jacques, nommé Joseph-Louis Rousseau. Né à Paris en décembre 1780, il est maintenant consul de France à Tripoli de Barbarie. Connu par plusieurs ouvrages sur le Levant, il a six enfants, dont cinq garçons, qui s'appellent : Alexandre-Timoléon, Antoine, Pierre-Victor-Amédée, Jean-Jacques, Angélique et Alphonse ».
Que sont devenus tous ces descendants du célèbre auteur d'« Emile » ?

Si l'Afrique est maintenant connue dans toutes ses parties, on ne saurait en dire autant de l'Amérique du Sud, dont d'immenses régions restent à explorer.
Au Brésil, notammment, aucun blanc n'a jamais pénétré, jusqu'à ce jour, dans les vastes territoires qui bordent le Rio dos Mortes. (fleuve des morts).
Les naturels du pays sont les Indiens Chervantes.
Ces tribus furent soumises au début de la conquête espagnole, et réduites en esclavage pour l'exploitation des mines d'or. Mais une révolte les débarrassa de leurs oppresseurs et, depuis, ces farouches sauvages veillent jalousement à la sauvegarde de leur liberté.
Ils se défendent. dans leur jungle, avec des flèches empoisonnées dont la moindre atteinte provoque la mort.
Un seul blanc a vécu parmi eux: ce fut un explorateur brésilien, dont les deux compagnons furent tués. Mais lui portait des lunettes, et les Chervantes, frappés de cette particularité, le choisirent pour sorcier.

Le Flâneur et le Glaneur


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