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Le Petit journal illustré - 03 janvier 1926


v Le Petit journal illustré 1926 01 03 nos gravures : Le Nonce du pape reçoit la barrette de Cardinal à l’Élysée

NOS GRAVURES
Le nonce reçoit la barrette à l'Élysée

Il y a trente ans, le 4 juillet 1896, eut lieu, à l'Elysée, une cérémonie aussi rare que curieuse: M. Félix Faure, alors président de la République, entouré de plusieurs de ses ministres et de sa maison civile et militaire, reçut, dans la petite chapelle, aujourd'hui désaffectée, du palais, Mgr Ferrata, nonce apostolique, et l'on put voir ce spectacle inattendu : le prélat se mettre à genoux devant le Président de la République et celui-ci poser sur la tête du prélat une barrette rouge, tandis que M. Crozier, chef du protocole, jetait sur les épaules du même prélat un manteau écarlate.
Cette cérémonie, si étrange qu'elle paraisse, était conforme à la tradition qui veut que tout nonce devenant, par la volonté du Pape, cardinal, reçoive du chef de l'Etat auprès duquel il est accrédité l'insigne de sa dignité nouvelle.
Depuis la rupture du concordat, on pouvait croire que le palais de nos présidents ne verrait jamais plus pareille scène. Sans doute aucun concordat nouveau n'a été signé entre la France et le Pape, mais il s'est établi, entre les deux puissances temporelle et spirituelle, un modus vivendi dont la manifestation la plus importante a été le rétablissement de notre ambassade auprès du Vatican et le retour, à Paris, d'un nonce apostolique.
Celui-ci, on le sait, est Mgr Ceretti. Or, au dernier consistoire, ce prélat ayant été promu cardinal, il a bien fallu songer à lui remettre solennellement la barrette. Il rentrait dans les devoirs particuliers du Président de la République de faire ce geste symbolique. La chancellerie vaticane et le Quai d'Orsay se hâtèrent d'arrêter les détails de cette cérémonie.
Les difficultés à résoudre étaient importantes. D'abord il n'existe plus de chapelle à l'Elysée. Ensuite M Doumergue appartenant à la religion protestante, on ne voyait pas bien ce dernier remplir les fonctions d'un chef d'Etat catholique. Tout fut résolu pourtant de la façon la plus ingénieuse (les diplomates ont toujours des trésors d'habiletés subtiles en réserve) et, le lundi 21 décembre, à midi, eut lieu, à l'Elysée, la cérémonie projetée.
Mgr Ceretti fut reçu dans un des grands salons du palais, dit salon des ambassadeurs. M. Doumergue se trouvait là, entouré de M. Briand, président du Consell; de M. Berthelot, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères; de M. Becq de Fouquières, chef du protocole et introducteur des ambassadeurs; de divers fonctionnaires et de sa maison civile et militaire. Mais se trouvait là aussi Mgr Dubois, cardinal-archevêque de Paris.
Ce fut devant ce dernier que s'agenouilla Mgr Ceretti. (La chronique a noté en passant que le coussin qui servit ce jour-là était le coussin utilisé au couronnement de Charles X, le dernier roi de France couronné à Reims). M. Doumergue, ayant pris la barrette cardinalice des mains du garde-noble envoyé par le Pape, la passa à l'archevêque de París et l'archevêque «l'imposa» sur le front du nouveau dignitaire, agenouillé devant lui, tandis que M. de Fouquières, suivant la tradition, jetait sur les épaules de Mgr Ceretti le grand manteau de pourpre.
Il y eut, naturellement, quelques discours, y compris un discours prononcé en latin par Mgr Valerio Valeri, ablégat apostolique. Puis toutes les personnes présentes furent retenues à un déjeuner officiel offert par M. Doumergue,


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