| Paris-Soir - 03 janvier 1926 |
L'EAU, FLEAU PIRE QUE LE FEU...
Les inondations causent de graves catastrophes en Belgique, en Rhénanie, en Hongrie
La Seine est en baisse légère, mais ses affluents sont en hausse
La Seine a baissé légèrement, mais plusieurs de ses affluents sont en hausse. Il ne semble donc pas que la situation actuelle soit près de s'améliorer.
La situation est peu grave, en regard de celle de plusieurs pays étrangers. La Belgique, la Hollande, la Hongrie et la Rhénanie sont cruellement éprouvées.
En Hollande
La vallée de la Meuse, de Maestricht à Maesyck, est inondée. Les eaux de la Meuse battent la digue du canal de la Campine, de Maestricht au pont d'Eysden, et de là à Maesyck. Elles arrivent jusqu'à la grand'route qui leur sert de digue.
A Maestricht, la Meuse, le Geer et le canal mêlent leurs eaux. A Maesyck, le niveau était hier de 4 m. 81, soit 20 centimètres plus élevé qu'en 1880.
En Smeermaes, les eaux de la Meuse traversent les maisons et se déversent avec violence dans le canal. Plusieurs villages sont sous les eaux. On craint fort que le canal ne rompe ses digues.
En Belgique
Plus grave encore est la situation en Belgique. Les dégâts causés à Bruxelles sont évalués à plus de vingt millions.
La situation générale est très grave. On peut la résumer en disant que la Meuse atteignait jeudi, à 2 heures, un niveau supérieur de 45 centimètres à celui qu'on enregistra lors des terribles inondations de 1880. C'est un véritable cataclysme.
Les rues de Liége sont inondées et la vie économique est interrompue. Dans la région de Liége, la situation ne fait qu'empirer: à Angleur, Solessein, Ougrée, Tilleur, Jemappe. La commune de Bressoux est entièrement cernée par les eaux et le désastre s'étend jusqu'à Jupille.
On doit, à Liége comme dans les villages, procéder au ravitaillement en barque.
Le désastre s'accroît sans cesse. Le centre de la ville est envahi par les eaux et est isolé du quartier d'outre-Meuse. On a construit une passerelle de fortune pour relier les deux parties de la ville. Le Hoyoux, dont la crue a continué à grossir considérablement la Meuse, a été pour une grande part dans l'étendue du sinistre; il a renversé et entraîné dans sa course un grand mur, créant ainsi un dangereux barrage accidentel.
On a vu passer sur la Meuse une péniche coupée en deux. Les usines des fours de Corphalie sont envahies. Le quai d'Autrebande est submergé, chose qui ne s'était pas vue, même aux fortes crues de 1880.
A Namur, la ville basse est inondée. A Dinant, la situation empire d'heure en heure. La nourriture commence à faire défaut, particulièrement le pain en raison de la submersion des fournils. On signale des victimes à Stockeim-sous-Maeseyck.
(Voir la suite en 3° pagel)
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