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L'Homme libre - 10 janvier 1926


L'Homme libre 1926 01 10 La crise politique allemande

La crise politique allemande
Le maréchal Hindenburg est toujours en quête d'un futur président du Conseil

Le maréchal Hindenburg a reçu hier matin le chancelier démissionnaire Luther, mais il n'a pris aucune décision. Si le Reich possède un gouvernement qui a déjà rendu son tablier, il ne possède encore aucun candidat chancelier, muni de l'investiture présidentielle.
C'est encore à un cabinet de grande coalition que vont les préférences du maréchal Hindenburg, malgré l'échec de M. Koch. Les populistes ne s'y montrent pas hostiles, c'est entendu, mais encore faudrait-il savoir s'ils maintiennent leurs points de vue du mois de décembre, qui provoquèrent la dérobade socialiste.
C'est évidemment la social-démocratie qui fait échec aux désirs présidentiels. Aussi M. Koch, dans un discours prononcé à Stuttgart, lui a-t-il lancé une dure apostrophe: La question primordiale, a dit le leader démocrate, est de savoir si le parti socialiste veut collaborer avec des droits égaux, pour la République, ou s'il veut se considérer comme un parti de classe jusqu'à ce qu'il obtienne la majorité.
Jusqu'ici les dirigeants socialistes persistent dans leur attitude négative, mais on exerce sur eux une pression constante. Cette pression sera-t-elle efficace? Le maréchal Hindenburg doit l'espérer, puisqu'il ajourne sa décision tant qu'il peut, de façon à attendre un revirement du grand parti allemand de gauche.
Ce qui est en jeu dans la lutte politique qui se livre en ce moment à Ber- lin, c'est le sort de la politique de Locarno, si ce n'est le sort des accords de Locarno eux-mêmes.
L'œuvre entreprise sur les bords du lac Majeur est tellement nuancée, que l'esprit qui l'anime vaut au moins au- tant que la lettre des traités conclus. Si un des pays contractants se de vouloir travailler de bonne foi à l'organisation pacifique de l'Europe, cette organisation se trouve immédiatement mise en péril.
Or, il n'est pas possible qu'un gouvernement allemand comprenant des nationalistes, ou un gouvernement de minorité obligé de compter soit sur l'appui, soit sur l'opposition parlementaire des nationalistes, puisse pratiquer et poursuivre carrément la politique de Locarno. Celle-ci a besoin, à la tête du Reich, d'hommes représentants les grands partis démocrates.
D'ailleurs, il ne faut pas oublier que le départ du cabinet Luther est précisément la conséquence des accords de Locarno, dont les nationalistes ont repoussé la responsabilité... après l'avoir abondamment partagée. Une abstention socialiste provoquant un regain d'influence nationaliste, romprait le développement logique d'une situation favorable au point de vue international, et constituerait une très nette régression. Puisque Locarno a rejeté les nationaiistes allemands à l'opposition, le retour des nationalistes allemands dans la majorité ou dans le gouvernement serait un échec pour Locarno.
C'est tellement évident qu'on se demande pourquoi les dirigeants social-démocrates reculent devant une décision qui serait peut-être un sacrifice de leur part, mais qui est surtout un devoir en vers la paix.

Jean-L. DAURIAC.


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