| Paris-Soir - 10 janvier 1926 |
L'AFFAIRE DES FAUX BILLETS FRANÇAIS
Horthy protecteur de Windisch-Graetz
Le Président du Conseil hongrois contre le régent
Un document irréfutable. Déclarations du comte Karolyi
* Les événements de Hongrie prendraient-ils un tour nouveau? Le communiqué, que le comte Bethlen a publié cette nuit, annonce que le président du Conseil donnerait sa démission, s'il n'arrivait à démasquer et à châtier les vrais coupables dans le scandale de la fausse monnaie, et il ajoutait qu'il ne tiendrait aucun compte des relations des inculpés avec le gouvernement dans le passé.
On peut envisager cette note sous plusieurs angles. Ou bien le comte Bethlen, dont la responsabilité est profondément engagée dans l'affaire, essaie de donner le change à l'opinion internationale; ou bien il prend nettement position contre l'amiral Horthy, et ce serait le régent lui-même qui serait désigné par le communiqué comme le protecteur des faussaires. On incline volontiers à cette seconde interprétation, mais ce ne serait pas une raison de croire que le comte Bethlen est un adversaire de la restauration monarchique.
* Il est le chef incontestable, à l'heure actuelle, du parti réactionnaire hongrois et ce parti n'a cessé de conspirer le retour à la royauté. Mais dans ses rangs, deux factions se sont formées : l'une, qui se dit légitimiste, veut porter au trône l'archiduc Otto, fils de l'ex-empereur Charles et aujourd'hui âgé de 13 ans ; l'autre revendique la couronne pour l'archiduc Albert, fils de l'archiduc Frédéric, et dont les relations avec le prince royal de Bavière sont bien connues.
* Dans les circonstances actuelles, le régent Horthy aurait lié partie avec Albert, tandis que le comte Bethlen soutiendrait la candidature d'Otto: de là l'antagonisme entre le président du Conseil et le régent. On ne peut savoir encore quels développements prendra celle rivalité.
On attribue à la Petile Entente l'intention de réclamer de la S.D.N. une enquête approfondie sur les responsabilités du gouvernement hongrois.
* Un document sensationnel
Un communiqué hongrois publié hier cherche à dégager la responsabilité de l'amiral Horthy et de l'ancien président du Conseil comte Téléky.
Nous ne croyons pas qu'il soit possible de séparer la personnalité du régent de celle des véritables promoteurs de l'émission des faux billets.
C'est tout à fait injustement que le prince de Windisch-Graetz tient la vedette dans cette affaire. A peine y eut-il un rôle de premier comparse. Sa personnalité est aussi indigente que son escroquerie : il représente parfaitement le type du gentilhomme qui se ruine au jeu et devient voleur pour se refaire. Toute l'histoire de Windisch-Graetz tient en ces trois lignes.
Au vrai, Louis de Windisch-Graetz n'a fait que reprendre, en 1923. la suite des opérations entamées par le consortiuin germano-magyar formé en 1920 entre le colonel Bauer, Ludendorff et l'amiral Horthy représenté par le député Julien von Gombes et le major Pronay.
| retour 10 janvier 1926 |







































































