| Paris-Soir - 10 janvier 1926 |
L'ATTITUDE DES SOCIALISTES
Pour ou contre la Participation
Partisans et adversaires s'affrontent au Congrès qui s'ouvre demain
Le Congrès socialiste extraordinaire, consacré uniquement au problème de la Participation, s'ouvre demain matin.
Nous en avons dit l'importance. Personne ne conteste que la décision prise pourra avoir des répercussions profondes sur la vie parlementaire et la marche des événements politiques.
Quelle sera cette décision ? Les réponses des fédérations à la consultation ouverte auprès d'elles sont à peu près toutes connues. Des pointages sérieux ont été faits aussi bien par les partisans que par les adversaires de la participation. Si les uns et les autres restent sur leurs positions respectives, comme cela s'est produit hier pour la Fédération de la Seine, la motion antiparticipationniste Paul Faure-Lebas doit l'emporter à près de 300 voix de majorité sur la motion participationniste (sous certaines garanties) de M. Renaudel.
Les adversaires de la participation, disposent, en effet, de la quasi-unanimité des mandats dans les grosses fédérations des Bouches-du-Rhône (175 mandats), de Saône-et-Loire (117); ils ont, malgré l'opposition vigoureuse de M. Pressemane, emporté la majorité des 102 mandats de la Haute-Vienne ; ils jettent surtout dans la balance la masse impressionnante des trois cent soixante-trois mandats du Nord.
Ils ont, de ce fait, une avance que n'arrivent pas à compenser les votes participationnistes de la Gironde, du Pas-de-Calais, du Haut et du Bas- Rhin, du Finistère, etc. ni même les gains considérables réalisés dans la Seine.
Il n'en est pas moins vrai que l'idée de la participation a fait des progrès énormes en cinq mois à peine, puisque le 18 août dernier je l'ai rappelé avant-hier dans Paris-Soir, elle ne groupait que 559 mandats contre 2.210.
Il convient du reste d'ajouter que le débat -qui promet d'être animé et passionné- ne sera pas strictement limité aux partisans et aux adversaires de la participation.
Il est une troisième tendance qui s'exprime dans la motion de la fédération de la Haute-Garonne et surtout dans celle de la fédération de la Marne et qui refuse de ramener la question à un choix aussi brutal. If faut d'abord, disent les partisans de cette tendance, définir un programme d'action et des modalités de tactique parlementaire dont l'acceptation ou le rejet par les radicaux conditionnent toutes les possibilités extérieures.
Il se pourrait que cette thèse ait. au sein du Congrès de demain, plus de partisans qu'on ne le suppose.
Charles LUSSY.
| retour 10 janvier 1926 |







































































