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La Justice - 10 janvier 1926


 La Justice 1926 01 10 Le nouveau gouvernement n'offre que des expédients

Tirelire pour enfants!

Nds dettes se montent à près de 450 milliards, et la situation financière est tellement lamentable qu'une opération chirurgicale est jugée indispensable par tous les esprits clairvoyants. Les commerçants, comme tous les contribuables, s'y attendent et préféreraient faire un sacrifice que de continuer à vivre sous un régime d'expédients momifiés et de routine rondecuirisée qui rend la vie chère plus que douloureuse.
Cependant, tous les ministères qui se succèdent n'offrent que des expédients pour endormir la souffrance. Le nouveau gouvernement, aussi incapable que les autres, n'a trouvé qu'un moyen de calmer la crise, c'est-à-dire de l'ajourner.
Il apporte aux contribuables une caisse d'amortissement comme on apporte aux enfants une tirelire en les engageant à faire des économies pour la remplir. Mais, comme il doute de la bonne volonté, il impose aux enfants du fisc des versements de toutes sortes sous des formes diverses. C'est ainsi qu'il inscrira d'office au budget annuel 2 milliards et demi qu'il se chargera de prendre dans la poche des contribuables.
Et il crie bien haut qu'il a trouvé le moyen de sauver la patrie par l'amortissement des dettes. Mais ce qu'il ne dit pas, c'est que, même s'il parvient à faire verser annuellement 5 milliards dans cette caisse par des gens déjà écorchés, ce qui est un chiffre extraordinaire en raison de ce qu'on est déjà obligé de donner comme impôts; ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il faudrait quatre-vingt-dix ans pour liquider, et au moins quarante-cinq pour améliorer la situation. Et encore à la condition qu'on ne soit pas obligé d'ici là à faire face à de nouvelles charges.
Le calcul est pourtant simple à faire, mais le gouvernement espère, grâce à de trompe-l'oeil grossier, endormir les malheureux qui ne travaillent plus que pour le fisc.
Quarante-cinq ans au moins de vie épouvantable pour éviter une opération chirurgicale qui sauverait le pays, mais ferait faire la grimace aux riches qui ne veulent pas entendre parler d'un impôt sur le capital. Décidément, on n'en sortira, avec tous ces farceurs, que par des moyens révolutionnaires !


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