| Excelsior - 10 janvier 1926 |
Un jeune en 1860,
Ils sont lointains les premiers succès de Paladilhe puisqu'ils datent de sa prime jeunesse. De très bonne, heure il se révéla, ce qui lui valut à l'Académie des Beaux-Arts le surnom de « Benjamin d'Euterpe».
Voici une bien jolie anecdote de son passage au Conservatoire. A treize ans, il avait émerveillé le jury et avait obtenu le premier prix de piano; à seize, il concourut pour le Prix de Rome. Après l'épreuve, dans la cour, se promenait, nerveux, un grand garçon au physique presque enfantin, vêtu d'une veste assez bizarre qui excitait l'hilarité de ses camarades, aussi moqueurs que ceux du «Petit Chose». A la sortie du redoutable aréopage, timide, il s'approcha de Berlioz.
- Qu'est-ce qui a le prix, monsieur? demanda-t-il.
- Qu'est-ce que cela peut bien te faire, gamin? Ce n'est toujours pas toi.
- Enfin, monsieur, je voudrais savoir tout de même.
- Eh bien eh bien ! c'est un nommé... Paladilhe.
- Mais... mais Paladilhe... c'est moi, monsieur, dit le jeune homme tremblant et pâle d'émotin !
- Alors, s'écria Berlioz, interloqué, vient m'embrasser.
Et l'auteur de la cantate Ivan IV qui venait de remporter cet éclatant succès, se jeta dans les bras du maître
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