| Le Cri de Marseille - 31 janvier 1926 |
Les Députés s'amusent
Du Cri de Paris :
Le canapé parlementaire : Le grand salon de la présidence de la Chambre, qui se trouve au rez-de-chaussée est assez obscur; on ne l'éclaire que lorsque le président le traverse pour se rendre à la séance. Les visiteurs ne peuvent admirer les tapisseries, et les canapés restent dans une ombre propice aux conciliabules secrets.
Il y a quelques jours, M. Marquet, député, maire de Bordeaux, reçut la visite de ses adjoints, Pour régler à l'aise avec eux quelques questions locales, il les conduisit dans le salon toujours désert. Ayant soulevé un rideau pour faire admirer à ses collaborateurs les jardins de la présidence, M. Marquet aperçut, accroché au dos d'un canapé, un col à côté d'une cravate et il entendit dans l'ombre quelques soupirs.
M. Marquet se retira discrètement. Mais, quelques minutes après, il vit sortir du salon un député du Midi dont la cravate était mal nouée et que suivait une souriante jeune femme.
L'histoire se répéta à la Chambre. Par malheur, le héros de cette aventure a un homonyme, député du même département et technicien des plus graves questions financières. Et cet austère spécialiste du budget est exaspéré de recevoir, même par téléphone, des félicitations auxquelles il n'a point droit.
Aux Ecoutes :
La Suppliante : Le camarade Marquet, dentiste et maire de Bordeaux, Pétrone du parti socialiste, faisait visiter le Palais-Bourbon à quelques-uns de ses administrés. Il leur avait montré les salons, la bibliothèque, lorsque traversant le couloir, il dit à la petite troupe :
- Mesdames et Messieurs, ici sont les bureaux où se réunissent les Commissions.
Il poussa une porte :
- Vous pouvez visiter...
Et aussitôt on l'entendit qui étouffait un cri:
- Nom d'une pipe, n'entrez pas !
Il referma brusquement la porte. Mais les invités et surtout les invitées avaient vu.
- Cette dame, remarqua une jeune fille, devait avoir une grâce fort importante à obtenir de ce député pour l'implorer de la sorte, à genoux !...
- Oui, oui, lui répondit M. Marquet, importante, en effet. Ce député, c'est M. Henri Auriol, de la Haute-Garonne. Il aime les Beaux-Arts et il protège les artistes. Et ce devait être une artiste...
| retour 31 janvier 1926 |







































































