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Le Funi - 31 janvier 1926


Le Funi 1926 01 31 Un organisme public à transformer

Dans ce journal, nous n'avons pas, à tort, l'habitude de blâmer les uns ou les autres. Ce qui, du reste, se fait dans maints journaux suivant que la politique tourne dans un sens ou dans l'autre. Comme notre seul parti est celui des honnêtes gens, nous jugeons toujours la situation de façon absolument impartiale, uniquement basée sur le bien général.

La S. T. C. R. P. est une société dans laquelle nous avons le droit de mettre le nez, attendu qu'en fin de compte ce sont nos deniers qui marchent. Et l'on doit dire que, pour être une grosse exploitation, elle reste entièrement en marge du progrès. C'est ainsi que son département publicité, au lieu d'être le département moteur, base de tout grand commerce ou exploitation, est dans un état embryonnaire qui confine à son inexistence.
C'est ainsi que la prolongation du service de la ligne F. B. jusqu'à minuit et demi, n'a été sue par personne… sauf par les lecteurs du «Funi». Une entreprise privée aurait fait savoir, par des affiches grandes comme ça, par des annonces dans les journaux au moins locaux, l'heureuse nouvelle. Mais elle s'en fiche. Si les voitures roulent à vide, tant pis. Quand il y aura un beau déficit on supprimera la ligne et l'affaire sera réglée. Ce que nous disons à propos de la F. B. nous pourrions le dire d'un tas d'autres lignes.
C'est ainsi que l'été dernier je me trouvais un beau dimanche à la porte de Clichy. Un autobus se trouvait à l'attente au-delà des barrières. La foule ne l'envahissait pas... puisque j'étais seul. II prit quel-ques personnes à Argenteuil et il me conduisit en un lieu charmant qu'on appelle les Moulins de Sannois. Ainsi la S. T. C. R. P. voudrait que tout le monde sût, sans aucun effort de sa part, qu'elle fait un service le dimanche pour cette ravissante banlieue parisienne. Elle me répondra qu'elle fait coller dans ses voitures des papillons indiquant ses services spéciaux. Mais ignore-t-elle donc la S. T. C. R. P. que des millions de personnes ne prennent jamais ses voitures? Alors ceux-là ne peuvent évidemment pas savoir que le dimanche ils peuvent faire une agréable promenade, d'une façon qui diffère un peu du banal chemin de fer.
Cependant elle peut disposer d'une publicité considérable sur ses propres voitures, qu'elle utilise très mal. Elle laisse une place importante à la publicité étrangère à la sienne. Elle n'a pas su exiger du concessionnaire des clauses avantageuses pour elle.
Et surtout il ne faudrait pas croire que ceci est une idée nouvelle. Il faut voir à Londres, par exemple, la publicité intensive des transports en commun. Ils aident les voyageurs à s'y reconnaître et à utiliser, au mieux de leurs intérêts, les services qui existent. Le métro l'«Underground», lui-même fait une publicité active. A Paris, nous ne tenons pas à ce qu'il en fasse, je le reconnais. Avec tous mes collègues, les infortunés voyageurs, je crie: «n'en jetez plus, la cour est pleine».
La S. T. C. R. P. n'a pas beaucoup le sens de la gratitude. Une entreprise privée se serait confondue en remerciements pour «Le Funi», par exemple, lequel, à maintes reprises, a fait de la publicité gratuite en faveur de la Société. Celle-ci, bien entendu, a gardé un silence méprisant. Heureusement, nous ne le faisons pas pour elle. Nous essayons de combler, pour le bien bellevillois, les lacunes de son exploitation. Oui, mais, dans les autres quartiers, il n'y a pas de «Funi». Et quand elle crée une nouvelle ligne dont les voitures roulent à vide, c'est tout de même nous qui payons les pots cassés.
Allons, messieurs de la S. T. C. R. P., remuez-vous un peu, faites connaître l'excellence de vos lignes et l'agrément de vos parcours. Mettez-vous à la page, car vous retardez d'un siècle !

André CHATELAIN.


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