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Le Matin - 31 janvier 1926


Le Matin 1926 01 34 01 Vols à l'arsenal de Lorient

Des faits graves seront-ils révélés par l'enquête
sur les vols à l'arsenal de Lorient ?
Jusqu'ici le nombre des coupables arrêtés est peu important

[DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL]
LORIENT, 30 janvier. Par téléphone. On a volé jadis dans d'autres arsenaux, comme on vole encore malheureusement un peu partout dans l'industrie privée et dans le commerce. Mais les vols de Lorient vont-ils atteindre, ainsi que la rumeur publique le laisse entendre, l'importance d'un énorme scandale administratif ? L'enquête à laquelle nous venons de nous livrer, ne nous permet pas de le supposer jusqu'ici. On sait, par les télégrammes publiés ces jours derniers dans le Matin que, saisie de dénonciations anonymes, la brigade mobile de Rennes, d'accord avec l'autorité maritime, chargea le commissaire Mallet de procéder à une enquête sur les faits de pillage du matériel de l'Etat signalés à l'arsenal de Lorient.
Les résultats des investigations policières amenèrent bientôt l'amiral Adhémar de Gransac, préfet maritime, à ordonner l'ouverture d'une information judiciaire qui fut confiée au commandant Long, commissaire rapporteur, près le tribunal maritime, contre un certain nombre de personnes impliquées dans quatre affaires distinctes de vols.
L'un des inculpés, et non des moindres, l'ancien quartier-maître réformé Eugène Le Bourhis, ces jours derniers encore fabricant de bonneterie, route de Brest, et qui avait eu déjà des démêlés avec la justice pour des faits identiques à ceux qui lui étaient de nouveau reprochés, se suicida en se pendant dans son grenier, la veille même d'une nouvelle comparution devant les magistrats enquêteurs; mais, avant de se donner la mort, il avait avoué un vol de 900 kilos de bronze commis avec la ccmplicité de M. Jules Toulliou, ancien agent technique promu récemment ingénieur de la direction des travaux (titre. qu'il ne faut point confondre avec celui d'ingénieur du génie maritime), et du magasinier Yves Hémery.
Quelques jours avant la fin tragique d'Eugène Le Bourhis, un ouvrier de l'arsenal s'était perdu lui aussi. La rumeur publique attribue cet autre suicide aux craintes qu'avait le désespéré de se voir compromis dans le scandale. A la suite des révélations de Le Bourhis, l'ingénieur Toulliou fut mis aux arrêts. L'inculpé nie toute collaboration avec Le Bourhis. Il reconnaît avoir reçu 200 francs que Le Bourhis lui offrit bénévolement pour arroser ses galons d'ingénieur.

Les inculpés
Indépendamment de Toulliou et d'Hémery, une douzaine de personnes sont poursuivies, l'agent technique en retraite Michel Lamaire, un brocanteur et son comptable, pour vols de cuivre, 5 conducteurs de camions automobiles. pour vols de déchets de métaux divers; un manoeuvre pour s'être approprié quelques kilos d'antifriction et l'agent technique Le Pipec qui a eu le tort d'emporter hors de l'arsenal un chalumeau oxhydrique dont il avait besoin pour exécuter différents travaux personnels, mais qu'il n'avait pas l'intention, dit-il, de s'approprier.
Il est vrai qu'en dehors de ces délits, la police, au cours de perquisitions, découvrit chez un brocanteur d'Hennebont deux barbotins de 900 kilos chacun. On désigne ainsi deux couronnes d'acier moulé servant au fonctionnement des cabestans. Les barbotins trouvés à Hennebont étaient destinés au croiseur La-Motte-Picquet en cours d'achèvement.
Comment étaient-ils en possession du brocanteur ?

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