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Le Funi - 07 février 1926


Le Funi 1926 02 07 La zone, c'est la zone

LA ZONE

Ceci n'est point un conte. C'est l'histoire de la zone, son existence, sa raison d'exister.
Tout d'abord, merci, au Funi, d'accorder aux zoniers, l'hospitalité de ses colonnes. Le Funi sait par avance que la cause zonière est trop juste pour qu'elle puisse être logiquement et légalement contestée. Au surplus, tous les partis politiques sans exception ont démontré à diverses reprises l'inanité de certaines obligations de la ville de Paris, aussi ne sera-t-il jamais question de politique dans les lignes qui vont suivre. La zone, c'est la zone.
Ces deux mots ont trop souvent sonné comme un glas, et il est temps que cessent les légendes qui, depuis l'établissement de la ceinture fortifiée de Paris, montraient aux Parisiens ces petits coins de banlieue comme recélant sur leur territoire, tous les secrets des crimes commis dans la nuit
C'est donc à bon escient que le Funi présente aux Bellevillois ce qu'est la zone parce que Belleville et le 20è arrondissement sont directement intéressés à cette question, bordés qu'ils sont par la porte de Ménilmontant, la porte des Lilas et celle du Pré-Saint-Gervais.
En effet, si, dans un temps plus ou moins proche Paris, s'affirmant grande ville, vient à englober toute sa périphérie, c'est au 20è arrondissement que seront rattachés les zoniers, dont les claires demeures sont comprises entre les portes ci-dessus dénommées et je crois pouvoir affirmer que la portion de territoire qui s'adjoindrait à cette partie du plus grand Paris, lui ferait honneur.
Or, pourquoi les zoniers sont-ils en ce moment en pleine effervescence et dans tous leurs états ? C'est que, Paris, reine-lumière mais orgueilleuse, a la prétention inouïe de chasser purement et simplement les zoniers de leurs demeures et de prendre pour elle, les terrains qu'une population ouvrière et laborieuse a acquis au prix des plus dures privations et des plus poignants sacrifices.
Pour beaucoup de gens, la zone était habitée par une population toute spéciale, la pègre, si vous le voulez bien, et rien n'a été tenté pour enrayer l'erreur fondamentale de ce raisonnement.
C'est pourquoi, il faut que cesse dans l'esprit de chacun, l'idée qu'au dehors de la barrière, de l'autre côté du mur qui murait Paris, il est des gens qui se sont implantés là, alors qu'ils n'en avaient pas le droit.
Il faut que chacun sache qu'il n'existe pas un zonier qui ne soit chez lui, sur un terrain qu'il a payé de ses propres deniers, pour lequel il a payé les impôts pour l'achat, et qui continue à subir, comme tout citoyen, l'augmentation de tous les impôts.
Je vous remercie d'apporter quelque attention à l'histoire de la zone que je vous conterai dans tous ses détails dans les numéros qui vont suivre.

H. ROTH


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