Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


Journal des débats - 14 février 1926


Journal des débats 1926 02 14 Industriels et crédit de lEtat

Les Industriels et le Crédit de l'Etat
Nous avons reçu l'intéressante lettre suivante :

Mon cher Directeur,
12 février 1926.

On a beaucoup parlé depuis quelque temps de l'initiative de certains industriels du Nord, proposant d'apporter à l'Etat le concours de leur crédit personnel, en vue de l'amélioration de notre situation financière.
A peine cette initiative généreuse a-t-elle été connue, que les cartellistes et leurs journaux se sont empressés d'accabler ces malheureux industriels du Nord, en attribuant à leur démarche des mobiles intéressés.
A ce sujet, je crois qu'il serait bon de faire connaître que ce n'est pas la première fois que les industriels viennent en aide à l'Etat, engageant tout leur crédit et leur fortune personnelle. C'est ainsi qu'en octobre 1916, le gouvernement français, qui ne pouvait plus obtenir d'Amérique, sous sa seule signature, les crédits dont il avait besoin, sollicita un certain nombre d'industriels français d'avaliser des emprunts faits par l'Etat en Amérique pour les besoins de la guerre.
Si je ne me trompe, le crédit qui fut ainsi fait par les industriels français fut de 100 millions de dollars, pour une durée de dix-huit mois; des traites originaires à quatre-vingt-dix jours devant être renouvelées six fois.
L'appel du gouvernement français fut immédiatement entendu de tous les intéressés et, pour ma part, je me souviens que, dans un conseil d'administration où nous n'étions que cinq ou six membres (les autres étant aux armées), il n'y eut pas une seconde d'hésitation de la part des administrateurs présents pour répondre favorablement à la demande de l'Etat. Chacun s'engagea immédiatement pour des sommes dépassant largement sa fortune personnelle, et je crois savoir que le concours fut aussi empressé de la part de tous les industriels auxquels le gouvernement s'était adressé.
Je ne crois pas qu'aucun des gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis 1914 ait jugé à propos de faire connaître au pays le concours si précieux apporté par les industriels des industries métallurgiques et minières et de quelques autres industries. Constamment, les industriels sont chargés de tous les méfaits par les partis avancés; on les a traités de «profiteurs de la guerre»; on les a accusés d'avoir exagéré leurs réclamations de dommages de guerre, alors que la plupart d'entre eux, sinon la totalité; sont au-dessus de tout soupçon mais jamais une voix gouvernementale ne s'est élevée pour rendre hommage à leur conduite. J'ai cru devoir vous apporter ce témoignage.
Veuillez agréer, etc.

GEORGES CHARBONNEAUX.


retour 14 février 1926