| Le Gaulois - 14 février 1926 |
Les faux billets de banque français
Après l'arrestation de Raba
La complicité de l'Allemagne démontrée
Budapest, 13 février.
On peut résumer ainsi la déposition de Raba à la police:
« Je crois de mon devoir de patriote de dire que l'idée directrice de l'affaire n'était pas hongroise mais allemande. En effet, au cours des entretiens entre Windischgraetz et Géroé sur les billets, j'ai souvent entendu parler des Allemands. L'an dernier, au retour d'une visite en Allemagne au comte Henckel, le prince me dicta deux lettres l'une à Ludendorff, à Munich; l'autre à de Seeckt, à Berlin. Le texte de ces lettres était en langage conventionnel.»
J'en demandai la signification, le prince répondit que les lettres traitaient des affaires de faux billets de mille francs, affaire dont Ludendorff avait connaissance. Avant mon départ pour l'Allemagne, sur l'ordre du prince, Géroé me remit une lettre cachetée portant en suscription, de sa main, l'adresse d'un commandant ou d'un lieutenant-colonel. Muni de cette lettre, je fus introduit, à Munich, à l'Institut cartographique auprès de deux messieurs, l'un colonel, l'autre lieutenant-colonel. J'avais aussi une lettre du prince pour le même destinataire que celui de la lettre de Géroé.
» Quelques jours après, deux messieurs me remirent deux réponses, l'une pour Géroé, l'autre pour le prince, et m'acheminèrent sur Cologne où je devais descendre dans un certain hôtel prendre livraison de deux paquets pour les rapporter à Budapest.
» Je rencontrai Géroé à Cologne. Il m'ordonna d'expédier les paquets par chemin de fer. L'idée que la falsification est d'inspiration allemande fut communiquée par le prince non seulement à moi, mais aussi au préfet de police Nadossy et à tous les complices. C'était une chose connue, sur laquelle on insistait beaucoup, que les cercles militaires officiels allemands s'occupaient aussi de la fabrication de faux billets de 500 francs et de valeur moindre. Quand l'affaire éclata, le prince, Géroé et Nadossy insistèrent sur la nécessité de couvrir l'institut cartographique de Budapest et les cercles officiels allemands. A ce moment, Nadossy déclara que les Allemands auraient fait des billets de mille francs bien meilleurs que les Hongrois.»
La déposition du prince Windischgraetz
Le prince Windischgraetz a déclaré fausse l'allégation de Raba qu'une lettre lui avait été dictée. Il a reconnu l'existence d'une correspondance avec de Seeckt jusque dans ces derniers temps.
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