Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


Excelsior - 21 février 1926


A ANGORA
LA PORTÉE DU DERNIER ACCORD TURCO-SYRIEN

L'émotion manifestée par certains journaux britanniques au sujet du chemin de fer de Bagdad n'est pas fondée.
L'accord intervenu, le 18 février, à Angora, entre M. Henry de Jouvene! et Tewfik Rouchdy bey, comporte seize articles et cinq protocoles annexes. Le premier article établit les bases d'amitié réciproque entre les contractants, résolus à vivre « en bon voisinage », et comporte des dispositions de neutralité générale.
L'article 2 fixe les frontières définitives entre la Turquie et la Syrie, sur les bases schématiquement indiquées par l'article 8 du traité d'Angora, article qui reconnaissait à la Turquie les localités de Karnaba et de Killis et plaçait la « plateforme » de la voie ferrée de Bagdad entre Tohoban-bey et Nousseibine en territoire ture, ainsi que les localités de Nousseibine et de Djeziré.
On s'explique assez mal l'émotion soulevée, dans certains organes de l'opinion britannique, par le nouvel accord, notamment au sujet du régime des voies ferrées.
L'article 10 du traité de 1921, déposé à la Société des nations comme le sera, d'ailleurs, la convention nouvelle - prévoyait que « la Turquie aura le droit de faire passer ses transports militaires par chemin de fer de Meidan-Ekbes à Tehoban-bey, dans la région syrienne, et la Syrie aura le droit de faire passer les siens par chemin de fer de Tchoban-bey jusqu'à Nousseibine, dans le territoire turc ». L'accord du paragraphe 8 est la simple application de cet article, et on ne saurait parler, à ce propos, comme le font certains journaux britanniques, d'un abandon du contrôle sur le chemin de fer de Bagdad, au profit de la Turquie.
L'on peut faire confiance à M. Henry de Jouvenel qui, avant son départ pour la Syrie, a tenu à passer par Londres et à conférer longuement avec le Foreign office et le Colonial office sur toutes les questions orientales pour avoir mené à bien, ave la Turquie, une politique strictemen conforme à l'esprit de Locarno, et parfaitement compatible avec les principes énoncés par lui de collaboration loyale et confiante avec les mandats britanniques.
Mais il va sans dire que la répression des troubles en Syrie et la pacification des vastes territoires syriens. dont les populations doivent être initiées aux méthodes modernes de self government, ne sont réalisables qu'à la condition de vivre avec la Turquie. sur un pied de bon voisinage et de sécurité garantie.
Cette condition n'est pas moins nécessaire au rôle de conseillère amicale, et, au besoin, de médiatrice désintéressée, que la France peut être appelée à jouer, auprès de la Turquie, dans le règlement pacifique de la délicate question de Mossoul.
Ce serait un état d'esprit déplorable que de voir toujours, dans des accords où la France ne poursuit que des buts d'apaisement, des menaces dirigées contre qui que ce soit.

M. P.


retour 21 février 1926