| L'Œuvre - 28 février 1926 |
Deux complices
Cesare Rossi accuse Mussolini
Amnistié dans l'affaire Mateotti, Cesare Rossi, l'ancien chef du bureau de la presse de M. Mussolini, s'est réfugié en France, à Nice. Cette amnistie, il ne l'accepte pas, venue de celui qui donna les ordres meurtriers, et il a fait au Petit Nicois cette « confidence » qu'il dresserait contre le Duce le plus impitoyable des réquisitoires. Nous citons Cesare Rossi ;
Je démontrerai que toutes les violences ont été inspirées et voulues par Mussolini, qui maintient l'Italie dans un état perpétuel de rixes et de guerre, pour assurer son pouvoir personnel,, sauf à prendre le masque du pacificateur en faisant emprisonner les exécuteurs de ses ordres lorsqu'il s'apeure des conséquences tragiques des situations qu'il a créées et lorsqu'il lui faut, pour l'étranger, un alibi (sic) de modération. Je sais que certains journaux français de droite essaient de jeter une lumière antipathique sur ce fait que j'accuse mon chef. Mais il s'agit de passer pour un criminel de droit commun et pour un traître à ma nation. Or, cela, non!
Ces deux complices qui aujourd'hui se déchirent, celui qui a couvert l'exécution accusant celui qui l'a ordonnée, n'est-ce pas que cela en dit plus long sur les «douceurs» du fascisme et sur l'«apaisement intérieur» de l'Italie que les interviews accordées avec tant de complaisance par Mussolini aux envoyés spéciaux de la grande presse bourgeoise de France et que nos grrands journaux bourgeois reproduisent si complaisamment ? On touche là l'horreur d'un crime que tant d'efforts ne réussissent pas à masquer.
Henry Barde,
| retour 28 février 1926 |







































































