| Le Petit Parisien - 21 janvier 1926 |
DES ENCHÈRES QUI CONDUISENT A LA FORTUNE
Il y a une vingtaine d'années, dans une cour de la cité d'Oxford, plusieurs hommes étalent rassemblés autour d'une vente aux enchères: on liquidant le matériel d'une petite usine de moteurs ayant fait faillite. La plule froide tombait sur cette scène triste qui aurait pu figurer dans les contes de Dickens. Soudain, on vit un homme, grelottant sous ses habits trempés d'eau, s'approcher de la vente et pousser avec une énergie désespérée pour acquérir quelques outils de mécanicien. Cet homme était un des anciens collaborateurs de l'usine, qui dépensait toutes ses maigres économies environ un millier de francs pour acheter l'outillage avec lequel il avait travaillé.
Peu de jours après, dans un vieux garage de Long-Wall street, il se consacra à la réparation et à la construction des bicyclettes. Il construisit ensuite des motocyclettes et des moteurs et, étendant sans cesse son champ d'action, il n'hésita pas à transformer une usine de corsets en fabrique de chassis automobiles. Quelques années plus tard, une entreprise considérable était née, qui produisait à elle seule la moitié des autos vendues en Angleterre L'homme qui a accompli cet effort magnifique, c'est M, W.-R. Morris, le célébre constructeur anglais qul, pendant la guerre, Joua un rôle de premier plan, en mettant au point les mouilleurs de mines, et recus pour les éclatants services qu'il avalt rendus le ruban d'officier de l'ordre du British Empire.
Infatigable, M. W.-R. Morris, après avoir atteint en Angleterre un sommet commercial, vient de tourner son activité vers le marché français, non point pour y concurrencer qui que ce soit, mais pour combler une lacune que certains techniciens ont déjà signalée et que le grand public ne va pas tarder à connaltre.
| retour 21 janvier 1926 |







































































