| Excelsior - 24 janvier 1926 |
LA FRAUDE DES ARMES DE GUERRE
LILLE, 23 janvier (De notre correspondant particulier). A la suite de toutes les affaires de fraude d'armes de guerre, l'effort de la justice s'est porté sur le point de découvrir en Belgique le centre d'approvisionnement. Cet effort vient d'être couronné de succès.
Il y a quelques jours, le procureur du roi donnait mission à sa brigade d'aller rechercher, dans les environs de Binche, les auteurs d'une agression dont avait été victime un paisible passant dans les bois du voisinage. Les policiers et gendarmes, au cours de leurs recherches, s'appliquèrent à obtenir des renseignements sur les gens de la région, les rôdeurs, les braconniers, et en particulier ceux qui vivent d'expédients. On leur révéla ainsi l'existence, dans les parages, d'un étrange bonhomme, habitant à l'orée des bois de Buvrinne et connu sous le sobriquet de l'Architecte. Ce n'était pas un individu dangereux, bien au contraire, On le savait très habile et de bon conseil, d'où d'ailleurs son surnom. Mais, ce qui le désignait à l'attention en cette circonstance, c'est le fait que sa dextérité en avait fait non seulement l'ami des braconniers, mais aussi leur armurier attitré.
Après avoir interrogé cet homme, les policiers s'avisèrent de perquisitionner dans son immeuble, et, quel ne fut pas leur étonnement de découvrir, dans une remise abandonnée en apparence, un véritable arsenal. L'Architecte a déclaré que ces armes provenaient des pillages des wagons allemands. A l'armistice, il démontait les fusils pour y trouver les pièces nécessaires aux réparations. Buvrinne est à quelques mètres de la frontière française, non loin du pays de Thuin-Beaumont-Chimay. L'Architecte dit-il tout ce qu'il sait ? N'y a-t-il pas certaines corrélations entre cette découverle et celle de Maubeuge ? C'est ce qu'on voudrait savoir.
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