| Le Temps - 24 janvier 1926 |
LA MANIFESTATION DE LA BOURSE
Au sujet de la manifestation qui s'est produite hier, à la Bourse, le syndicat des banquiers a adressé au ministre des finances une lettre qui rappelle les différents impôts grevant les opérations de Bourse et déclarant qu'une nouvelle surcharge entravera les placements de l'épargne, encourageant par cela même la thésaurisation des billets de banque.
Nous en détachons le passage suivant:
«La clientèle qui opère les placements en faisant des arbitrages de valeurs, c'est-à-dire des ventes de titres contre achats d'autres titres, aura à subir deux impôts devenus très lourds, un à la vente, un à l'achat. Infailliblement, en maintes circonstances, elle reculera devant ces opérations de préservation dont le bénéfice éventuel se trouverait compromis par le coût excessif de l'arbitrage.
Nous ajouterons encore que la diversité des taxes sur les opérations de Bourse est de nature à compliquer et à surcharger le travail de nos employés, sans compter que des valeurs étrangères, alors qu'elles sont entrées dans le patrimoine français sans infraction à nos lois, sous le couvert de nos lois, en maintes circonstances avec l'autorisation, sinon le désir, de l'autorité compétente, ne peuvent logiquement faire l'objet d'un traitement de défaveur.
Faut-il rappeler encore que les valeurs étrangères constituent du change et qu'elles fournissent par leurs coupons d'intérêt et de dividende des éléments compensateurs (dans une mesure malheureusement très insuffisante) ) aux demandes de devises étrangères qui tendent à élever les prix de ces instruments de règlement?
Nous signalons enfin que nos employés redoutent à bon droit le chômage qui pourra résulter de l'adoption de mesures tendant à diminuer le volume des transactions boursières. Et maintenant seulement nous parlerons de nos établissements, eux-mêmes menacés dans leurs intérêts immédiats. Mais nous voulons en parler si sobrement qu'après avoir signalé le danger, nous nous effacerons tout aussitôt, en rappelant que nos maisons ne représentent d'autre intérêt, au point de vue général, que de faire partie d'une solide armature du crédit public au service du pays.
| retour 24 janvier 1926 |







































































