| L'Homme Libre - 24 janvier 1926 |
L'OR DE FRANCE
le paysan buté et le trafiquant cynique
Voici Bombon passé au rang de ville célèbre presque de ville historique. En quinze jours, quel lancement! Et tel qu'on ne sait plus très bien si sa renommée vient de ce qu'on y a découvert des bandits coupables d'avoir fouetté un curé pour lui chiper son or ou des trafiquants d'or qu'on y a flagellés pour les punir de leur crime contre la patrie...
Le sûr, en tout cas, c'est qu'il a fallu la curiosité provoquée par la fustigation du digne ecclésiastique pour attirer l'attention de la police sur la bande noire dont les exploits s'étendaient non seulement sur le territoire de Bombon, mais bien au delà. Ainsi, l'intervention de Notre-Dame-des-Pleurs ne se serait servie du malheureux abbé que comme d'un moyen pour appeler l'action de la justice sur les trafiquants d'or.
Et si cela était, nous devrions, disons-le, une fière chandelle à la Bambina de Marie Mesmin.
Car, la justice se trouve en présence, à l'heure qu'il est, d'un des scandales les plus grands qui soient encore que prévu depuis longtemps.
Nul n'a jamais ignoré, en effet, que les paysans de France ont caché leur or avec ensemble, dès le début de la guerre. Donner leur fils, passe encore. Mais donner leurs louis, non! L'argent passe avant tout chez le terrien. Et naturellement avant la patrie.
Simple précaution, dira-t-on. Le paysan ne savait pas où on allait : il ne faisait que mettre son or à l'abri. Or, cela encore est un mensonge. Et la preuve c'est que lorsqu'il se décide à sortir son or, la guerre finie, ce n'est pas pour s'en servir ou pour l'échanger contre une valeur sûre, analogue mais tout simplement pour gagner 20 francs sur 40 francs en papier! Cupidité, lucre, tout ce que vous voudrez. Et rien de plus.
Aussi doit-on souhaiter, demander, que la justice se montre extrêmement sévère - non seulement pour les trafiquants qui drainent à l'étranger l'or du pays, mais pour les paysans eux-mêmes qui, découverts, doivent être punis exemplairement.
Cependant l'action de la justice ne suffit pas. Quelque étendu qu'ait été le trafic, il reste encore dans nos campagnes des monceaux d'or. Il faut les faire sortir. Comment? Les moyens ne manquent pas, soit qu'on se décide à démonétiser les pièces d'or, soit qu'on organise un appel de cet or dans les caisses de l'Etat moyennant certains avantages. Il faudrait y songer sérieusement:
| retour 24 janvier 1926 |







































































