| Journal des débats - 04 avril 1926 |
La S. D. N. et la protection de l'enfance
(DE NOTRE CORRESPONDANT)
Genève, le 2 avril.
La commission consultative de la S.D.N. pour la protection de l'enfance et de la jeunesse a terminé ses travaux après une session bien remplie. L'ancien premier ministre belge, M. Carton de Wiart, qui a pris une part très active à ceux-ci, a bien voulu me donner ses impressions sur l'utilité de cette institution de la S. D. N. Il estime que ses premiers travaux ont été excellents et qu'elle est digne de retenir l'attention de tous ceux qui se préoccupent des problèmes de l'enfance. Grâce aux rapports de sympathie qui s'établissent tout naturellement entre ceux qui cherchent des solutions à ces problèmes et qui sont animés d'un même zèle généreux pour le développement rationnel et normal de l'enfant, les représentants des nations qui composent la commission pour la protection de l'enfance ont pu s'entendre aisément sur les questions qu'il convenait d'étudier en tout premier lieu.
Les problèmes de l'enfance sont nombreux et il importait de savoir se limiter dans leur examen. Il était essentiel aussi de ne rien faire qui pût paraître porter atteinte aux initiatives prises déjà par différentes associations.
Parmi les questions dont la commission pour la protection de l'enfance et de la jeunesse et son comité spécial de la protection de l'enfance se sont plus particulièrement occupés, on notera celle du rapatriement des mineurs qui sont soustraits à l'autorité paternelle ou tutélaire. Le comité spécial a examiné avec attention un intéressant projet qui lui était présenté par M. Henri Rollet, de Paris, président du Tribunal pour enfants, au nom de l'association internationale pour la protection de l'enfance. Il a décidé de renvoyer à l'étude de son sous-comité juridique l'examen de cette question qui a pris un caractère de grande acuité dans divers pays, à la suite des migrations d'ouvriers qui ont eu lieu depuis la guerre.
Le comité a discuté la question des divers dangers que le cinématographe présente pour l'enfance. Il a adopté diverses résolutions tendant à l'action de l'Institut de coopération intellectuelle qui est déjà saisi du problème et à attirer l'attention des gouvernements sur certains de ses aspects. Il a insisté sur la nécessité qu'il y aurait à faciliter entre les différents pays l'échange des décisions qu'ils prennent en matière de censure et la communication des sanctions.
Le comité s'est occupé encore des allocations familiales. On sait que le mouvement est parti des industriels de Grenoble et qu'il gagne peu à peu le monde entier. Le comité a pu constater que les effets du système avaient été heureux pour l'enfance et qu'ils s'étaient manifestés notamment par une diminution de la mortalité infantile dans certaines contrées.
Le comité a montré encore tout l'intérêt qu'il attache à d'autres questions, comme celles de l'éducation biologique de l'enfance, de l'alcoolisme dans ses rapports avec la protection de l'enfance, d'une convention sur l'exécution des jugements pour abandon de famille ou relatifs aux obligations alimentaires envers les enfants de personnes résidant à l'étranger, de la législation relative à l'âge du mariage et à l'âge du consentement.
ED. BY.
| retour 04 avril 1926 |







































































