| Le Matin - 04 avril 1926 |
UN POISSON D'AVRIL
Largesses de notre cher Etat
S'il y a plus bête il n'y a pas plus drôle
Personne ne fait plus de blagues à son prochain, le 1er avril : c'est archi- démodé.
Personne, sauf... l'Etat : s'il n'en restait qu'un, vous pensez bien que c'était celui-là. Cet éternel retardataire, peut-être sans penser à la date et tout simplement avec toute l'ingénuité qui le caractérise, vient de publier dans son Journal officiel les libéralités suivantes dont il a vraiment lieu de se vanter :
«Les subventions ci-après sont allouées par l'Etat aux communes dont les noms suivent, possédant une subdivision de compagnie de sapeurs-pompiers régulièrement organisée» :
Argelès-Gazost, 85 fr. 75; Cauterets, 94 fr. 70; Pierrefitte-Nestalas, 66 fr. 85; Saint Savin, 61 fr. 60; Soulom, 62 fr. 20; Luz, 68 fr. 95.
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«Ces communes, aux termes de la loi du 31 juillet 1907 devront, en premier lieu, prélever sur les sommes, ainsi mises à leur disposition, le montant des secours à donner aux sapeurs-pompiers pour soins médicaux et interruption de travail par suite d'accidents en service n'ayant causé qu'une incapacité temporaire; en second lieu, le montant des allocations renouvelables aux sapeurs-pompiers ayant 60 ans d'âge et 30 ans de service. Le reliquat pourra être employé à l'achat et à l'entretien du matériel d'incendie.»
«Le reliquat pourra...»; il ne devra pas absolument être employé à l'achat d'une pompe de cent mille francs ou de toute autre babiole utilitaire; évidemment, l'Etat aimerait mieux...; mais enfin, les intéressés feront comme ils l'entendront.
Cher Etat! Le plus indulgent des pères de famille !
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