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La Dépêche - 02 mai 1926


v La Dépêche 1926 05 02 Le 1er mai fut calme. On le clébra surtout à la campagne

Le Premier Mai fut calme
On le célébra surtout à la campagne

Paris, 2 mai. Si l'année dernière dans la région parisienne, la journée du 1er mai a été marquée par quelques échauffourées entre chômeurs et agents du service d'ordre, celle d'hier fut extrêmement calme. Il n'y eut nulle part aucun incident et les importantes forces de police discrètement massées sur divers points tant à Paris qu'en banlieue, n'eurent à aucun moment à intervenir. Cette fête du travail fut surtout la fête du muguet. Les marchands de la petite fleur porte-bonheur firent de bonnes affaires, d'autant plus qu'un temps ensoleillé, lourd cependant, incitait à la promenade.
Beaucoup de chômeurs, plus ou moins volontaires, profitèrent du beau temps pour s'évader à la première heure, de la capitale, de complicité avec le métro et les chemins de fer qui fonctionnèrent normalement. Et aux travailleurs ayant abandonné usines, ateliers et chantiers, se joignirent de nombreux commerçants avançant pour une fois de quelques heures l'aube de la semaine anglaise.
Et ce qui fut vrai pour Paris, le fut pour tout le pays. Même à Nice où l'on craignait des incidents entre Italiens fascistes et antifascistes, le plus grand calme a régné.
Et c'est tout juste si l'on peut retenir le petit incident suivant qui s'est produit aux environs de Saint- Etienne.
La municipalité du Chambon-Feu-gerolles avait apposé sur la façade de la mairie l'emblème soviétique, la faucille et le marteau. Un protestataire inconnu lança contre le trophée qui fut brisé, une bouteille d'encre qui y produisit de nombreuses éclaboussures et brisa un des carreaux de la fenêtre de la salle de réunion du conseil municipal.

Le communiqué de la présidence du conseil

Paris, 2 mai.
La présidence du conseil a communiqué dans la soirée d'hier la note suivante :
Le calme a été absolu à Paris et province. Ceci montre d'une part, que les mesures particulièrement énergiques prises par le gouvernement pour le maintien de l'ordre ont mis les éléments perturbateurs dans l'impossibilité de le troubler, et, d'autre part, que le respect du travail et de la liberté est un sentiment qui domine en France dans la grande masse du pays.
Il est bon de remarquer que, contrairement à ce que d'aucuns ont tendance à croire ou à dire, la France n'est nullement entre les mains des révolutionnaires et que la sécurité y est la règle normale.

Dans les départements

Toulouse, 2 mai. De nombreuses corporations ouvrières ont pris part hier au chômage du 1er mai et à l'important meeting tenu en commun dans l'après-midi, salle des Jacobins, par les organisations de la C. G. T. et de la C. G. T. U. Parmi les plus importantes figuraient la Fédération du Livre, les service municipaux et les syndicats du bâtiment, auxquelles s'est joint, cette année, le syndicat des ouvriers et du personnel des tramways de Toulouse dont les voitures sont rentrées au dépôt à partir de 14 heures. La journée, durant laquelle la pluie n'a cessé de tomber, n'a été marquée par aucun incident.
Le Havre, 2 mai. La matinée du 1er mai a été calme. On a compté 6.000 chômeurs environ dans toutes les corporations. Un service réduit de tramways a fonctionné. Les syndicalistes ont tenu une réunion. Il n'y a pas eu de manifestations dans les rues.
Carmaux, 2 mai. - Le chômage a été général samedi aux mines, aux verreries et dans diverses corporations. Au cours du déjeuner fraternel qui groupait plusieurs centaines d'ouvriers, le citoyen Paul Boncour a pris la parole et a parlé de la Société des nations, magnifique force d'avenir qui restera inerte sans l'appui et l'impulsion de l'Internationale ouvrière. Il a parlé de son récent voyage en Pologne et en Allemagne et, tout en rendant hommage à l'action des socialistes de ces deux pays, il n'a pas caché que tout en travaillant de toutes nos forces à la paix, nous devions rester vigilants, tant que la Société des nations ne sera pas assez puissante pour garantir la paix dans le monde; il faudra bien que les peuples songent à leur propre sécurité.
En attendant, le plus sûr moyen d'éviter des conflits qui pourraient déchaîner de nouvelles catastrophes, c'est d'assurer l'entente des partis socialistes des divers pays. Vivement applaudi, Boncour termina son discours en célébrant la paix qui ne peut être garantie par la double action de la Société des nations et de l'Internationale ouvrière. Un ordre du jour, réclamant du gouvernement la prise en considération des revendications exposées dans le programme de la C. G. T. faisant confiance à la Société des nations, demandant la paix au Maroc et en Syrie et enfin, félicitant Paul Boncour pour son action, fut voté à l'unanimité.
A l'issue du déjeuner, les ouvriers formés en cortège, précédés de drapeaux rouges des organisations et de l'Harmonie municipale parcoururent la ville au chant de l'« Internationale ».
La manifestation prit fin devant le monument Jaurès, après quelques émouvantes paroles adressées au souvenir de l'immortel tribun. Il n'y eut pas le moindre incident.


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