| L'Action Française - 02 mai 1926 |
LA CRISE MINIERE ANGLAISE
La grève générale
serait déclanchée
ce soir à minuit
Le roi a quitté le château de Windsor, après avoir signé la proclamation conférant pleins pouvoirs au gouvernement pour faire face à la situation exceptionnelle créée par la cessation du travail.
Bien que les Compagnies de chemins de fer n'aient pas encore officiellement pris de décision, il est probable qu'elles réduiront de 20 p pour 100 le nombre des trains de voyageurs à partir de lundi. Presque toutes ont un stock de charbon suffisant pour ur assurer le service normal pendant deux mois environ.
On apprend de Plymouth que des trains spéciaux ont été garés dans l'arsenal et qu'un certain nombre de spécialistes ont reçu l'avis de se tenir prêts à toute éventualité.
Un grand nombre de navires seraient rappelés, même de Malte, si la grève devenait générale.
L'exportation du charbon est interdite
Tous les ports ont reçu l'ordre de suspendre l'exportation du charbon. Les navires déjà partis ont été rappelés par sans-fil et priés d'attendre des instructions. Ceci semblerait signifier que tout le charbon du pays est passé sous le contrôle du gouvernement.
La grève serait générale,
ce soir à minuit
La conférence des Trade-Unions, réunie à midi, a décidé la grève générale pour lundi soir minuit, si aucun accord n'intervient dans le conflit des mineurs. Ce serait donc la grève des cheminots, des employés des transports et d'autres industries.
La grève affecterait tous les transports,
la métallurgie et le bâtiment
Londres, 1er mai. La décision de la conférence des Trade-Unions a, suivant le bureau de cette conférence, été approuvée par plus de 3.653.000 travailleurs affiliés.
Les délégués qui se sont prononcés contre la grève générale ne représentent que 49.900 travailleurs. D'autre part, les délégués de syndicats, comportant 319.000 travailleurs, n'assistaient pas à la réunion.
L'ordre de grève affectera: les transports en général, y compris les chemins de fer, les transports maritimes, les transports par route, les ateliers ferroviaires, les docks, l'imprimerie, y compris la typographie pour la presse (c'est-à-dire qu'aucun journal ne paraitrait), la métallurgie, le bâtiment, sauf en ce qui concerne la construction des logements et les travaux pour les hôpitaux. Les syndicats, dont les membres travaillent dans les usines d'énergie électrique, devront cesser de fournir cette énergie électrique dans des buts industriels. Le gaz ne sera pas fourni non plus pour ces mêmes buts.
M. Baldwin va rester à Londres pendant cette fin de semaine, pour le cas où les représentants du congrès des Trades-Unions désireraient s'entretenir avec lui.
Au cours de la conférence des Trades-Unions, M. Macdonald, cheville du parti travailliste, a déclaré notamment :
La décision prise hier soir par le gouvernement de rompre les négociations est un crime contre la société. C'est le gouvernement qui a tiré l'épée. J'espère encore que l'accord interviendra avant lundi soir; nous porterons notre fardeau sans nous plaindre jusqu'au triomphe du droit et de la justice.
Une proclamation du roi
La London Gazette publie une proclamation signée par le roi George, en date du 1er mai, annonçant qu'« un état d'urgence nationale» existe, donnant droit au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le fonctionnement des services vitaux de la nation.
Une grande activité règne actuellement au quartier général de l'Organisation pour le maintien du fonctionnement des services essentiels ».
Soixante-quinze mille personnes se sont déjà offertes comme volontaires, mais on estime qu'il en faudrait 200.000 pour pouvoir assurer les services avec quelque efficacité.
En conséquence, des affiches ont été posées aux portes des 155 branches de cette organisation, faisant appel à tous les citoyens loyaux qui sont prêts à offrir leur concours.
Une lueur d'espoir
M. Baldwin reçoit
le comité des Trade-Unions
Londres, 1er mai. En dernière heure, on annonce que le comité du Congrès des trade-unions, qui a pris part aux récentes négociations, a été reçu par M. Baldwin, auprès duquel se trouvaient plusieurs ministres.
L'entretien, commencé à 20 h. se poursuit. Les représentants du congrès des Trade-Unions ont, assure-t-on, déclaré qui si lundi soir il y a une perspective de reprise immédiate des négociations, la menace de grève générale ne sera pas mise à exécution.
| retour 02 mai 1926 |







































































