| Le Funi - 07 mars 1926 |
Le bourrage de crânes hebdomadaire
Du Journal 2 mars.
Alphonse XIII et la Reine d'Espagne se rendraient en Argentine par la voie des airs :
»C'est sur l'avion même, un peu avant l'atterrissage, que les souverains revêtiront leur tenue de gala: le roi sera en grand uniforme, avec tous ses ordres; la reine gainée dans sa robe de cour, le manteau royal à longue traîne lui tombant des épaules, aura son front ceint du diadème...
»Et voici comment s'opérera l'arrivée royale et aérienne à Buenos-Aires. Un avion chargé des roses charnues de Valencia précédera le cortège officiel et laissera pleuvoir sur la foule attendant l'arrivée des souverains des nuées odorantes, des fleurs toutes pleines du parfum de la lointaine Espagne. Et pendant que la musique jouera les hymnes nationaux, les pétales formeront sur le sol un épais tapis embaumé. Vous imaginez la scène : les acclamations montant vers le ciel où apparaît, précédent dix caravelles ailées, l'avion royal. Celui-ci vient se poser. Les souverains en descendent; la main dans la main, ils s'avancent sur le tapis de roses venues de l'Ibérie lointaine, ils s'avancent parmi la foule en délire, la griserie des musiques, les vivats cent mille fois répétés.
»Tel est le beau voyage et aussi le beau geste qu'accomplira le roi.
Air connu :
Quand c'est lu par un purotin
Le beau tapis couvert de roses!...
Il a beau faire le malin
Ça lui fait tout d'même quelque chose.
Qui dit vrai?
Dimanche dernier les catholiques ont manifesté dans le Finistère. Combien étaient-ils ?
100.000 affirme L'Action Française. 60.000 L'Echo de Paris, 20.000 Le Quotidien, 15.000 L'Humanité, etc.
Dire que tous ces journaux sont à peu près d'accord sur la composition de l'Armée Léonidas!
Pourquoi le Pain est plus cher
Dans un précédent numéro nous signalions, le bourrage de crânes qui consiste à attribuer la hausse du prix du pain à la récolte, à la soudure ou au change.
Alors que notre franc s'est très amélioré cette semaine on nous annonce une probable et prochaine majoration de l'aliment national.
Mais voilà ce que les grands journaux d'information ne publient pas, et que nous découvrons dans l'Agence Economique et Financière du 26 févriér:
«Les Grands Moulins de Paris ont exporté en 1924-1925, plus de 900.000 quintaux de farine, soit près du tiers de l'exportation totale de la Meunerie française. Ils se proposent de développer encore leurs affaires à l'étranger, qui dans les conditions de change actuelles sont particulièrement rémunératrices.»
D'autre part le Bulletin des Halles asservi à la mercante du blé, s'étonne de la modestie de la situation boursière des Grands Moulins de Paris qui ne cotent guère en Bourse que 200 francs pour un dividende de 20 francs.
Et le Bulletin des Halles, poursuit, parlant de l'exportation de la farine pratiquée par les Grands Moulins de Paris:
«Le fait est exact. Ces temps derniers d'importantes cargaisons passaient la frontière à Besach, Bâle, Forbach, Saint-Louis, du Rhône, Bordeaux. Marquette-les-Lille, etc., sous l'étiquette: Grands Moulins de Paris.»
«Avec l'appui de la Coopérative d'approvisionnement et de Transport et de Crédit, qui est définitivement passée sous le contrôle du groupe Vilgrain, les Grands Moulins de Paris sont maintenant bien placés pour les fructueuses opérations de vente à l'étranger de farines françaises.» Ainsi, nous précise un autre journal: Vilgrain, ex-sous-secrétaire d'Etat a exporté 80.000 tonnes de farine en huit mois!
Maurice MICHEL.
| retour 07 mars 1926 |







































































