| Le Matin - 07 mars 1926 |
Les visites au Quai-d'Orsay
M. Aristide Briand a reçu hier matin M Quinones de Leon, ambassadeur, d'Espagne à Paris. Au cours de cet entretien, l'éminent diplomate a fait savoir au président du conseil que son gouvernement demanderait au conseil de la S.D.N. d'examiner par ordre chronologique les candidatures aux sièges permanents. Dans ces conditions, la candidature de l'Espagne ayant été posée dès l'année 1921 devrait être examinée la première. M. Quinones de Leon a ajouté que le cabinet de Madrid ne discuterait pas l'admission de l'Allemagne et qu'il espérait que le Reich saurait tenir compte de l'attitude de son pays.
Au début de l'après-midi, M. Skrzynski, président du conseil et ministre des affaires étrangères de Pologne, a conféré pendant vingt minutes avec M. Briand.
Avant de se rendre dans le cabinet de M. Philippe Berthelot, M. Skrzynski, à qui nous demandions ses impressions à la veille de la bataille électorale de Genève, nous a déclaré :
«Il faut toujours être optimiste. La politique n'est qu'une longue patience».
La visite de M. Caillaux
M. Joseph Caillaux est arrivé au Quai-d'Orsay à 15 h. 30. Je viens, nous a-t-il dit, apporter mes condoléances à mon cher ami Briand. Et comme le président du conseil démissionnaire était en conférence avec M. Skrzynski, M. Caillaux passa dans le cabinet de M. Pierre Laval.
M. Caillaux, introduit dans le cabinet de M. Briand après le départ du ministre des affaires étrangères de Pologne, s'est assez longuement entretenu avec le président du conseil.
Je vous répète, nous a-t-il dit en quittant le Quai-d'Orsay pour s'en aller au Sénat, que je n'ai fait à M. Briand qu'une visite de courtoisie.
Et comme on lui demandait si, le cas échéant, il n'accepterait pas de prendre la succession gouvernementale, il a ajouté en faisant de grands gestes avec son parapluie : Il n'est pas question de cela pour le moment.
| retour 07 mars 1926 |







































































