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Le Matin - 07 mars 1926


Le Matin 1926 03 07 Revue des journaux : la crise ministérielle

REVUE DES JOURNAUX
LA CRISE MINISTÉRIELLE

L'Echo de Paris :
Au lieu de gouverner, M. Briand a voulu louvoyer; il a voulu jouer au plus fin, et, jusqu'au dernier moment, obtenir son salut tout en se gardant de rompre avec les socialistes, les modérés, grands dispensateurs des lauriers de Locarno, et tout en réservant au cartel ses meilleurs sourires et ses préférences secrètes. Les modérés se sont refusés, cette fois, à être encore et toujours des dupes. S'immoler sur l'autel de la patrie, oui, mais pas sur l'autel du cartel !

La Volonté :
Ce n'est pas vers le passé qu'il faut se tourner, c'est vers l'avenir. Sous le contrôle d'une grande expérience politique et financière, il faut faire place aux jeunes.

Le Petit Parisien :
Une nouvelle crise est donc ouverte et dans les conditions qui font le moins honneur à ceux qui l'ont provoquée. L'examen du projet financier touchait à sa fin et l'on pouvait croire que, malgré des lenteurs inadmissibles, la Chambre allait donner enfin au gouvernement les moyens de trésorerie que le Sénat avait voté à imposante majorité. On pouvait espérer que les partis feraient abstraction de leurs préférences théoriques et de leurs intérêts pour éviter une crise à la veille du jour où le président du conseil allait partir pour Genève soutenir, en faveur de la France et de ses alliés, une forte partie. Il n'en a rien été.

L'Impartial français, M. FRANÇOIS ALBERT:
On a beaucoup parlé de l'incohérence parlementaire en ces derniers temps. M. Doumer a pour sa part donné un exemple rare d'incohérence ministérielle au cours de cette suprême journée d'existence. Cette amorce de flirt, suivie d'un coup de chapeau glacé, ne pouvait guère finir autrement que par le morne isolement final. Ainsi fut-il, au petit matin...
Et maintenant, la morale de cette histoire-là, c'est qu'il n'existe pas dans la Chambre actuelle une majorité pour la politique de concentration.

Le Journal, M. FERNAND HAUSER :
D'ores et déjà, ceci laisse entrevoir que M. Doumergue songe à charger le président du conseil démissionnaire de constituer un cabinet de large concentration et d'union nationale.
M. Briand déclinera peut-être cette mission et, en ce cas, sera prié de bien vouloir désigner un autre que lui-même pour tenter une expérience aussi délicate que désirable.

L'Ere nouvelle :
Pour renforcer l'autorité d'une nation qui a donné, dans les périodes tourmentées de la guerre et de l'après- guerre, de si rares exemples d'héroïque lucidité, dans le moment qu'elle essaie de se dégager de ses dernières entraves, un ministère homogène, ayant à sa tête M. Briand, s'indique au choix du président de la République.
M. Doumergue est trop averti de ses devoirs pour n'y avoir point déjà songé. Et M. Briand, trop conscient de ses responsabilités pour ne pas accepter, demain, d'assumer la lourde charge dont l'investira la confiance du pays.

Le Petit Bleu, M. ALFRED OULMAN:
Ce n'est pas une crise ministérielle ordinaire et comme on en a tant vu que le vote de ce matin vient de faire éclater. C'est l'anéantissement de toute une année d'efforts de M. Briand et de ses collaborateurs du Quai-d'Orsay, pour la défense de nos droits à l'étranger. C'est le sabotage du pacte de Locarno au moment où des paroles on allait passer aux actes. C’est l'inflation inévitable, puisque les caisses sont vides et que, quel que soit le gouvernement de demain, il n'aura pas le temps matériel de faire discuter et adopter des projets avant que sonne l'heure des échéances.


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