| La Dépêche - 21 mars 1926 |
A TRAVERS LES JOURNAUX
LE MANIFESTE SOCIALISTE Commentant le manifeste du parti socialiste, M. Téry souligne dans l'Œuvre ce que certaines critiques ont de vague, de verbal et demande des précisions :
Les partis de gauche semblent se ressaisir et cherchent à se proposer une tâche nouvelle N'est-ce pas cette tâche que le parti Socialiste devrait maintenant définir? A cet égard, il ne tient encore que des propos vagues : • Défendre la production, de plus en plus menacée contre la spéculation nationale ou internationale... » Entendu mais simple phrase: « Action énergique d'assainissement financier et de stabilisation monétaire... » Oui, mais par quels moyens? Le parti socialiste déclare « que des méthodes nouvelles de gouvernement s'imposent... » Oui encore, mais quelles méthodes? Et avec le concours de ses alliés républicains, pourquoi ne cherche-t-il pas à les imposer? Alors un programme commun? Certainement. Où serait le danger, même pour le parti socialiste.
LES ENSEIGNEMENTS D'UNE SEANCE HIDEUSE Sous ce titre, le Quotidien écrit: L'histoire des assemblées politiques constituées en Cour de justice dit assez le crédit que l'on peut accorder à leur probité et à leur courage. Mais cependant il y a une chose pire peut-être que la servilité de ces magistrats improvisés qui rendent aux gouvernements des services dictés par la bassesse ou la peur, c'est la vilenie des hommes qui reprennent et brandissent ces arrêts iniques pour éterniser, dans un intérêt de parti, le supplice de l'innocent. A ce point de vue, le spectacle de la Chambre, jeudi, a été plein d'enseignements pour l'avenir. L'attitude de la réaction, en effet, a violemment révélé ce que l'on pourrait attendre d'elle s'il advenait qu'elle l'emportât un jour. Ce n'est pas une leçon qui doive être perdue.
L'ATTITUDE DU BRESIL L'Europe Nouvelle fait les remarques suivantes sur les raisons qui ont déterminé M. Mello-Franco à prendre la position que l'on sait:
Les Etats-Unis du Nord n'ont-ils pas fait pression sur le Brésil pour exiger que les Amériques fussent représentées à Genève? L'Amérique latine n'était-elle pas jalouse de l'Espagne? L'Italie, qui s'était engagée à à Locarno, en somme sans contre-partie, ne cherchait-elle pas à faire échouer l'assemblée en déterminant le Brésil, où elle compte des millions d'émigrants, à ne pas céder? Et mille autres suppositions toutes plus fantaisistes les unes que les autres. Voyons: D'abord, il n'y avait pas assez de temp pour permettre à ces combinaisons ou à toute autre de s'échafauder. Et puis, pourquoi les Etats-Unis, tout d'un coup, se seraient-ils si passionnément intéressés à la Ligue pour laquelle ils n'ont montré jusqu'à présent qu'un goût médiocre? Et l'Italie n'avait aucun avantage réel à cette résistance acharnée de Rio-de-Janeiro.
La vérité est beaucoup plus simple, beaucoup plus forte, beaucoup plus profonde: un immense Océan sépare l'Europe de l'Amérique du Sud, dix-sept jours de traversée et alors que l'Europe préfère après tout la paix à tout prestige national, l'Amérique, elle, le Brésil donc, préfère un succès personnel à l'ordre européen. Elle ne sent pas comme nous la nécessité pressante de l'entente locarnienne. Elle n'y consentira pas les mêmes sacrifices que les autres puissances européennes. C'est tout, mais c'est grave.
CLEON.
| retour 21 mars 1926 |







































































