Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


La Lanterne - 21 mars 1926


La Lanterne 1926 03 21 Le complot contre le franc

Les scandales hongrois

Le complot contre le franc

C'est un drame pathétique, plein de péripéties et de mouvement, que cette étrange affaire de faux billets dont le prince Windishgraetz est le héros, avec cent comparses pour auxiliaires et complices.
La récente publication de la correspondance échangée entre le comte Bethlen et le baron Perényi, président de l'Union nationale, a mis le premier ministre en assez fâcheuse posture. Mais cette correspondance même ne découvre encore qu'une partie de la vérité car le baron Perényi n'est pas seulement président de l’Union nationale, association publique : il l'est aussi de l'Union fraternelle, société secrète, dont les ramifications étendent sur toute la Hongrie, et dont l'objet est la restauration de l'ancienne Hongrie par tous les moyens, jusqu'aux plus violents. Nous donnons ci-dessous ja liste des membres du Comité directeur et du «camp» de l'Union, sinsi que celle des sociétés secrètes qui la composent.
La même abréviation, Tesz, sert en magyar à désigner les deux unions : dans le premier cas, elle reproduit les initiales des mots Tarsadalmi Egyesületek Szövetsége, Union des associations de défense sociale; dans le second, celles des mots Testver Szovetseg, Union fraternelle. Cette sorte de calembour en abrégé, ou cette équivoque, est amusante certes, mais aussi symbolique et révélatrice.
Non moins révélateur est le fait que le comte Bethlen, président du conseil, s'il ne figure pas dans la Tesz publique, occupe un des premiers rangs dans la secrète. Il y coudoie les quatres acteurs principaux de l'affaire des faux billets, ceux dont, dès aujourd'hui, la culpabilité est reconnue et prociamée par les milieux officiels hongrois : le directeur général de la police Nadossy, aumônier général Zadravetz, le général Hajta, ancien directeur de l'Institut cartographique, et Szortsey, le vice-président de l'Union nationale. Ce sont précisément les personnages sur lesquels le comte Bethlen voudrait rejeter ou concentrer toute la responsabilité du complot.
Les noms qui figurent sur la liste que l'on va lire se rangent tout naturellement en trois catégories.
1° Les agitateurs racistes, députés, hauts fonctionnaires, professeurs, etc. Parmi eux, quelques figures de relief plus accusé: Perényi, Gombos, Eckhardt Héjjas.
Le baron Perényi était, avart la guerre, préfet de Marmaros (aujour d'hui la Russie subcarpathique, en Thécoslovaquie). Pauvre comme Job, et tirant toujours le diable par la queue, il était à la merci d'un redoutable subordonné, le sous-préfet Simon Pap. qui a fait suer des millions aux misérables paysans ruthènes. Perényi a profité des leçons de Rap; il a fait carrière et fortune; ministre de l'intérieur de la Terreur blanche, président de toutes les associations publiques et secrètes, il est l'homme le plus puissant du régime.
Jules Gombos, le chef des racistes, n'est pas un Magyar de race, mais un Souabe (allemand de Hongrie) qui a magyarisé son nom. Ancien capitaine. d'état-major, il se met, à la Révolution. au service du gouvernement Karolyi, et comme celui-ci ne lui fait pas la situation qu'il juge due à son mérite, il organise une association contre-révolutionnaire, la «Société pour la défense de la Hongrie» (abréviation: Nove). C'est lui qui, au dernières élections, par la corruption et la violence ouverte, a assuré au comte Bethlen sa majorité. Tibor Eckhardt, également Souabe, est neveu du régent Horthy. Chef du service de la presse aux affaires étrangères, contraint de quitter ce poste à la suite d'une affaire de fausse monnaie où il était fâcheusement impliqué, aujourd'hui député, il est le cerveau du parti raciste.

lire la suite


retour 21 mars 1926