| La Dépêche - 28 mars 1926 |
LES COULISSES POLITIQUES
COLLABORATRICES DE MINISTRES
Deux ministres du gouvernement actuel ont pris leur fille auprès d'eux. Ainsi M. Raoul Péret aux finances et M. Louis Malvy à l'intérieur sont certains d'avoir un secrétaire particulier qui ne les trahira jamais.
Il faut reconnaître qu'immédiatement Mlle Paule Malvy et Mlle Odette Péret surent comprendre leurs nouvelles fonctions. Avec des tempéraments différents, l'une et l'autre se sont révélées des collaboratrices de premier ordre.
Place Beauvau, Mlle Paule Malvy, que la vie n'a guère épargnée, est grave. Elle ne sourit que pour accueillir les amis de son père; mais elle ne les laisse pas bavarder longtemps, car c'est elle qui est chargée de la correspondance parlementaire. et d'une partie de la correspondance personnelle du ministre de l'intérieur. Depuis l'odieuse séance de la semaine dernière, on suppose facilement qu'elle a un certain travail. De tous les coins de la France, en effet, des témoignages d'affection furent envoyés envoyés par centaines à l'homme que la réaction hait sauvagement.
Mlle Paule Malvy répond à tous. Les militants républicains ne seront donc pas étonnés s'ils reçoivent une lettre sincèrement émue.
Rue de Rivoli, au ministère des finances, Mlle Odette Péret est, par contre, la gaité même. Assise sur un coin de table, elle explique volontiers que pour écrire des choses sérieuses il n'est point besoin d'être triste.
Au contraire de Mlle Malvy, qui est une intellectuelle, elle se flatte de n'avoir pas son bachot: «Bagage inutile», affirme-t-elle. Ma foi, on est presque de son avis puisqu'elle donne la preuve que sans diplôme on peut être très intelligente et très fine.
Dans les sévères bureaux du ministère des finances qui entourent le cabinet du ministre, Mlle Odette Péret apporte une note optimiste qui ne semble pas superflue.
En tout cas, aussi bien au ministère de l'intérieur qu'au ministère des finances, Mlle Malvy et Mlle Péret jouent un rôle qui, pour ne pas être de premier plan, n'est pas sans importance.
Et voilà encore une conquête féminine à laquelle nous applaudissons.
LA FLECHE.
| retour 28 mars 1926 |







































































