| Excelsior - 11 avril 1926 |
A PÉKIN, UN COUP D'ÉTAT NATIONALISTE A RENVERSÉ TUAN TCHI JOUI, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CHINOISE
Le chef du pouvoir exécutif, à qui les nationalistes reprochent son attitude dans l'affaire de l'indemnité des Boxers et le récent massacre des étudiants qui manifestaient, a dû se réfugier à la légation française.
OU PEI FOU EST APPELÉ DANS LA CAPITALE
LONDRES, 10 avril. L'agence Reuler publie la dépêche suivante, émanant de Pékin: «On apprend que Tuan Tchi Joui, après avoir donné sa démission, se serait réfugié dans la légation française, à 1 heure du matin.
Un coup d'Etat nationaliste s'est effectué ensuite dans le plus grand secret. Les portes de la ville avaient été cernées à la nuit et les communications téléphoniques demeurèrent coupées pendant plusieurs heures.
Le seul signe extérieur des événements importants qui se déroulaient fut l'encerclement du quartier général du chef du pouvoir exécutif Tuan Tchi Joui.»
Les griefs imputés à Tuan Tchi Joui
Une proclamation nationaliste a été affichée. Elle déclare que, dès l'arrivée au pouvoir de Tuan Tchi Joui, celui-ci a commis d'innombrables erreurs préjudiciables au peuple et dont les deux plus grandes furent:
1° La signature de l'accord portant règlement de l'indemnité des Boxers en francs or sans avoir l'assentiment du peuple;
2° Le récent massacre des étudiants qui a soulevé la haine et l'indignation du peuple.
La proclamation ajoute qu'entouré des membres du parti Anfou, Tuan Tchi Joui était incité à ignorer la loi à l'encontre de ses propres intérêts et avait poussé à la guerre. Elle poursuit:
Dans l'intérêt du peuple, nous sommes obligés de prendre des mesures rigoureuses contre eux.
Entre temps, nous avons relâché l'ex-président Tsao Kun et télégraphié à Ou Pei Fou en l'invitant à venir à Pékin prendre immédiatement la direction des affaires.
La paix et l'ordre seront maintenus. Les commerçants et le peuple sont, par la présente, informés de ces faits et sont invités à continuer leurs affaires. Tout propagateur de fausses nouvelles sera sévèrement puni,
Les gardes du corps du chef du pouvoir exécutif déposé ont pris l’uniforme de l'armée nationale et forment une nouvelle brigade mixte qui a été envoyée dans une autre partie de la ville.
Ces événements ont eu lieu à la suite du mécontentement causé par l'attitude du général Feng Yu Hsiang qui avait abandonné son commandement en faveur de Lu Ching Lin.
L'appel à Ou Pei Fou
D'autre part, les chefs de l'armée nationale ont compris qu'ils avaient tout intérêt à faire appel à Ou Pei Fou pour venir rétablir la situation politique à Pékin avant que les forces de Tchang Tso Lin aient pris la capitale chinoise.
D'ailleurs, depuis deux jours, l'armée assaillante, par suite de défections nombreuses, s'est immobilisée aux portes de la ville. Le ravitaillement de la capitale est toujours très difficile et la tension des esprits y demeure aussi sérieuse.
| retour 11 avril 1926 |







































































