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L'Humanité - 11 avril 1926


L'Humanité 1926 04 11 Tribune du soldat et du marin

TRIBUNE DU SOLDAT
ET DU MARIN
Petites nouvelles de la Grande Famille

A bord de l'aviso «Utile»,
à Brest

Le capitaine de corvette Machefaux, vieux gaga qui a dépassé l'âge de la retraite continue ses exploits. Avisant le cuistot en train de découper la viande en dehors de la cuisine il lui colla quinze jours de prison avec le motif :
« couper de la viande dans un endroit défendu. »
Dernièrement il se baladait sur le pont fraîchement lavé en émiettant un gros morceau de pain. Puis il s'en fut trouver les matelots de pont à l'avant et les engueula parce que le pont était sale !!
Qu'attend-on pour mettre à la retraite, à laquelle il a droit depuis longtemps, ce vieux fou dangereux. Les Jean Le Gouin en ont marre et ont hâte d'être débarrassés de sa présence.

Au 26° train des équipages,
à Gabès (Tunisie)

La nourriture est infecte et insuffisante. A la prison la pelote existe toujours, Aucun soldat n'est habillé convenablement.
Les indigènes ont comme paquetage ce qu'ils portent sur le dos, et qui est d'ailleurs en très mauvais état.
D'autres indigènes, qui s'engagent, restent pendant un mois et demi revêtus de leurs habits civils.
Quant aux Européens, ils ont bien un paquetage, mais il est dans un état lainentable et s'ils veulent faire changer leurs effets on leur répond : « Il n'y a pas a argent ! »

Au 184 R. A. L. P.,
à Valence

C'est une formidable iniquité qui vient de se passer dans ce régiment.
Un soldat est condamné sans preuves. Voici ce que des soldats nous écrivent : « Un camarade, nommé Ranc Félix, soldat au 184 R. A. L. P., était en permission de plusieurs jours, à Lyon, à l'occasion de son départ au Maroc.
Un capitaine d'administration prétend l'avoir croisé dans la rue et dit que Ranc a refusé catégoriquement de le saluer et que, aidé de plusieurs civils, il l'aurait frappé.
Interrogé, Ranc a reconnu ne pas avoir salue l'oficier, mais nie l'avoir insulté et frappé. Naturellement l'officier persiste dans ses affirmations, mais ne peut rien prouver. Malgré cela on jeta Ranc en cellule où il resta jusqu'au moment de son départ pour la boucherie et encore on lui octroya 60 jours de prison dont 15 de cellule. » C'est un véritable scandale contre lequel nous nous élevons et avec les soldats du 184, nous lutterons pour que justice soit rendue à Ranc.


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