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A COUPS DE CISEAUX…
MARIAGE RAPIDE.
L’État Shan est au nombre de ceux où les préliminaires du mariage ont été réduits à leur plus simple expression. Lorsque, dans un village de là-bas, un homme et une jeune fille sont tout à fait d'accord pour s'épouser, ils se rendent ensemble devant le chef qui détient l'autorité nécessaire et lui font part de leur projet. Ils ne se sont munis ni de consentements ni de témoins. Pas la moindre paperasse. Le personnage devant lequel ils ont comparu noue autour de leurs poignets réunis un fil de coton; il les regarde manger à deux la même tasse de riz et les renvoie. C'est tout. Le mariage est régulier, légal, et il ne viendrait à personne l'idée de le contester. Nous trouvons charmantes, pour notre part, la simplicité et la rapidité de ces coutumes. Un fil entourant les poignets : union. L'acte de manger dans le même vase symbole très clair pour exprimer qu'à l'avenir deux existences sont mêlées à une seule, et que tout sera partagé par ceux qui s'engagent ainsi, peines et joies. Pour divorcer, car le divorce est connu là-bas comme il l'est chez nous, la chose est aisée. Le couple s'en retourne devant le chef qui l'a uni.
-Je déclare, dit l'homme, ne plus vouloir cette femme pour épouse. -Je déclare, dit la femme, ne plus vouloir cet homme pour époux. -C'est bien. Vous êtes désunis, prononce le chef.
Et chacun s'en va de son côté.
La Kabylie Française.
LES CHEVEUX COURTS AU… XVI SIÈCLE.
Comme dit la chanson : « Elles se font toutes couper les cheveux ». Mais nos charmantes sœurs et amies, sacrifiant à la mode, pensent innover, ce en quoi elles ont grandement tort. Cette mode, fort appréciable et toute gracieuse des cheveux à la Ninon ou à la garçonne, ne date pas d'hier. Dans la curieuse revue du pays basque Gure Herria, M. H. Garel nous apprend que les Bayonnaises, Biarrotes et autres jeunes filles du Labourd ou de La Soule, se coupèrent les cheveux, du XVe siècle au début du XVII. Voici un document à cet égard : L'Allemand Arnold von Harff, qui, en 1499, traversa le pays basque pour aller à Saint-Jacques de Compostelle, dit en vieil allemand qu'on peut traduire ainsi : « Item ici au pays basque, les femmes portent la tête haut bandée, comme le font les hommes en pays païens ; en outre, les servantes et jeunes filles vont ouvertement avec la tête tondue et nue dans la rue...» Mais, au fait, les cheveux courts ne furents-ils pas tout simplement la marque d'une condition médiocre chez les femmes comme les cheveux ras sont, chez les ordres religieux, un signe de dépendance et d'abnégation?
Renaissance.
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