| Candide - 24 mai 1925 |
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Le travail dans les prisons Vingt fois nous avons lu dans des romans: «Les juges le condamnèrent à confectionner pendant un an des chaussons de lisières.» Il y a belle lurette que nos prisonniers ne sont plus astreints à ce travail. Les maisons centrales sont maintenant pourvues d'ateliers modernes de mécanique, de serrurerie, de menuiserie. A la prison de Melun, les condamnés impriment Le Bulletin de la Police criminelle, Le Bulletin des Interdits de séjour et Le Bulletin des Recherches dans l'intérêt des familles. Dans la «copie» qu'on leur remet, ils retrouvent souvent les noms des «poteaux». Ils apprennent ainsi que Dédé le Riche a cinq ans de «trique», c'est-à-dire d'interdiction de séjour, et que Paulo Cou Tordu est recherché par toutes les gendarmeries de France pour un vol de bijoux. A Fresnes, on fait des éventails en papier. Ce seront les «petits vents du Nord» de Lulu, de Mado et de Ninon dans les boîtes de Montmartre. A Orléans, les prisonniers trient des plumes de coqs et d'autruches. Les jeunes femmes porteront, plus tard, à leur chapeau ou à leur cou, ces plumes qu'une «Terreur» a tenues entre ses doigts spatulés. |
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