| L'Humanité - 01 juin 1926 |
Une dictature militaire s'installe à Lisbonne
Lisbonne, 31 mai. Voici quelques détails sur les circonstances dans lesquelles s'est déroulé le pronunciamiento qui a triomphé dimanche au Portugal.
Vendredi, la 8è division cantonnée à Braga, et placée sous les ordres du général Gomez Gasta, se révoltait. Les 4e, 6e et 7e divisions adhéraient immédiatement au mouvement. Plusieurs unités marchèrent aussitôt sur Lisbonne.
Dès qu’il eut connaissance de la rébellion le gouvernement envoya trois colonnes pour réprimer le mouvement. Il comptait sur l'aide de l'ancien ministre le la guerre, le général Carmona, qu'il avait chargé dans le sud, de procéder à une inspection des troupes.
Mais le général Carmona se rangea aux côtés des rebelles.
Le président Machado complice des rebelles
Samedi, déjà, la situation paraissait excessivement grave. Les rebelles arrivaient aux portes de Lisbonne, après avoir coupé toutes les communications téléphoniques et télégraphiques entre la capitale et le reste du pays. La ligne du chemin de fer de Porto était occupée également par les rebelles.
Samedi soir, on apprenait successivement que d'autres soulèvements militaires s'étaient produits.
Hier matin, de bonne heure, les mutins, venant du nord et du sud, menaçalent sérieusement la capitale. Le président de la République, M. Bernardino Machado, eut alors une entrevue secrète avec les chefs des rebelles.
Peu après cette entrevue, le cabinet démocratique demandait au président de proclamer la loi martiale. En même temps que le président refusait de prendre cette mesure, on apprenait que la garnison de Lisbonne venait à son tour d'adhérer au mouvement militaire.
Le cabinet présenta alors sa démission au président de la République. Les rebelles entrèrent dans Lisbonne et proclamèrent la loi martiale.
La dictature militaire
Le comité militaire a remis au président de la République la liste des nouveaux membres du gouvernement.
C'est le genéral Mendes Cabecaldas qui présidera le cabinet.
Il est probable que le général Gomes Costa qui est attendu aujourd'hui à Lisbonne avec sa division prendra le portefeuille de la guerre et le commandant Filomeno Camara le portefeuille de la marine.
| retour 01 juin 1926 |







































































