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L'ETRANGE DISPARITION DE LA" FOSSE" DE CAPBRETON  Le commandant du « Loiret maintient et précise ce qu'on a dit de ses observations
Cherbourg, 8 août (dép. Petit Paris.) J'ai pu m'entretenir avec le lieutenant de vaisseau Cornet, qui m'a confirmé l'exactitude des précisions publiées par le lieutenant de vaisseau Didelot sur les constatations qu'il a faites, le 23 mai dernier, à une centaine de milles au sud-ouest de Rochefort et qui ont permis de conclure à une modification partielle et probablement toute récente du golfe de Gascogne. M. Cornet ne s'explique pas comment dans quelques milieux on a pu sembler mettre en doute l'exactitude de ses observations. En effet, les « sondages anormaux », qui ont motivé son court rapport, daté du 9 juillet, ont été effectués le 6 de ce même mois, de 5 heures du matin à midi, sur une distance de 50 milles en trois routes différentes. Les sondes ont toujours ramené des cailloux englués dans le suif disposé à l'extrémité de ces appareils, preuve indiscutable que le fond avait bien été atteint. Or, ce fond était de 50 ou 100 mètres, alors que la carte indiquait 1.000, 3.000 ou 4.000 mètres.
Le commandant Cornet ne s'attarde pas à rechercher si les étonnantes observations qu'il a effectuées prouvent qu'un séisme récent a bouleversé l'Atlantique. Il laisse aux savants le soin d'examiner cette hypothèse. Mais il remarque que des observations du genre de celles du Loiret ont été déjà signalées, en 1918, par le torpilleur américain May qui, dans le golfe de Gascogne, releva des données ne concordant aucunement avec celles des cartes; puis en 1922 par le Waldeck-Rousseau, à bord duquel le commandant Dubois effectua des sondages aux abords du cap Ortegal et découvrit des fonds de 40 ou 50 mètres à un endroit où il s'attendait à trouver 400 ou 500 mètres. Les anciennes cartes d'hydrographie portent mention à l'encre rouge de ces observations, qui n'ont pas été consignées sur de plus récents documents. Or, il importe ne serait-ce que pour rassurer les commandants des sous-marins de savoir à quoi s'en tenir sur la configuration sous-marine du golfe de Gascogne. La mission que doit entreprendre le Gaston-Rivier, avec le concours des ingénieurs hydrographes, permettra d'effectuer des vérifications intéressantes. Si le commandant Cornet avait connu par avance le retentissement auquel était appelée sa découverte, il n'eût pas manqué de mouiller à l'emplacement des hauts-fonds de cinquante mètres qu'il rencontra de façon si inattendue, et de demander par T. S. F. l'envoi d'un navire chargé de venir procéder immédiatement à une vérification détaillée. Mais le Loiret devait entrer à la marée du soir à Rochefort. Son commandant dressa le plan de la route en zig-zag que venait de suivre le bâtiment et il y marqua les fameuses cotes qui ont été l'objet de commentaires si divers.
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