On apprend d'Amérique que Balzac est menacé d'expropriation. Une maison qu'il habita jadis d'une façon intermittente, et située rue Raynouard, à Paris, est sous le coup d'être démolie. Un libraire américain offre 50.000 francs pour sauver cette demeure historique ! Balzac, au cours de sa vie, a gîté dans pas mal d'endroits et il serait peut-être excessif de mettre à la charge de l'Etat ou du public, ce qui est tout un, l'entretien des locaux où nos grands hommes ont travaillé, pris le thé, ou simplement passé. Cette maison de la rue Raynouard est, au surplus, une sorte de cachette à deux issues, où Balzac se réfugiait, de temps à autre,. pour éviter la meute de ses créanciers. Lui-même n'aurait donc pas une inclination très vive pour un logis qui ne pourrait lui rappeler que d'assez pénibles souvenirs. Et puis, enfin, les Anglo-Saxons accaparent un peu trop nos gloires, dont nous avons, du reste, un exact souci. Ce sont les Anglais qui nous prennent Napoléon et Jeanne d'Arc. Et voici les Américains qui se préoccupent de Balzac. C'est peut-être flatteur pour notre génie national, mais cela devient humiliant pour notre amour-propre de Français.
Un propriétaire d'une commune de la Gironde vendait ses vins comme étant des vins de Lalande-de-Pomerol. Le Syndicat viticole de Pomerol, s'autorisant de la loi du 6 mai 1919, voulut lui faire interdire de continuer à se servir de cette appellation.
La cour d'appel de Bordeaux jugea que l'usage de l'appellation « Lalande-de-Pomerol », consacré par la tradition, remontait au dix-huitième siècle, époque où il ne pouvait avoir été suggéré par le désir de faire concurrence aux vins de Pomerol, qui n'avaient point alors la renomméé qu'ils ont acquise plus tard et que cette dénomination de « Lalande-de-Pomerol » s'est continuée jusqu'à nos jours dans les relations courantes et se retrouve dans de nombreux documents de toute nature.
En conséquence, les vins de la commune ont toujours été désignés sous le double nom de Lalande-de-Pomerol, sans que cette dénomination eùt soulevé, jusqu'à présent, de protestations.
La Cour de cassation fut alors saisie. par le Syndicat viticole de Pomerol, d'un pourvoi contre l'arrêt de la Cour de Bordeaux, qui avait repoussé sa prétention. Elle vient de décider que l'existence d'usages locaux, loyaux et constants, tels qu'ils sont exigés par la loi du 6 mai 1919, permettait de désigner les vins de la commune sous l'appellation d'origine « Lalande-de-Pomerol ».
Cette question des appellations peut donner lieu à des incidents pour le moins bizarres.C'est ainsi qu'en Gironde, les communes de Lacanau-de-Médoc et du Temple-de-Médoc ne se livrant qu'à la sylviculture n'ont point été admises au droit à l'appellation « Bordeaux ». Or, si un propriétaire d'une de ces communes s'avisait de faire du vin, il se trouverait dans cette situation étrange d'avoir du vin de Médoc qu'il ne serait point autorisé à vendre comme vin de Bordeaux !
Il paraît, dit le « Cri de Paris », que. l'éclat des lumières, à l'Exposition des Arts Décoratifs, jette la perturbation parmi les poissons de la Seine. Cette attirance de la clarté sur les poissons est un fait bien connu. Autrefois, dans le Midi, les pêcheurs allumaient à l'avant de leur barque un fagot de bois résineux posé sur un brasero en fer. C'était ce qu'on appelait la pêche « au clairon ». «Il est défendu également d'employer des clairons et autres instruments de musique ».
M. Ferrand, député socialiste du Pas-de- Calais, est mort le mois dernier, C'était un parlementaire charmant, et qui, depuis la guerre, ne pensait qu'à la reconstitution de son département. Ce qu'on ignore, c'est que M. Ferrand, avant d'être député socialiste, avait été dans un monastère.
Il envoyait souvent, alors, à Gustave Delory, un des chefs du parti, de longues lettres sur la nécessité du socialisme, qu'il signait un moine inconnu ».
Ce moine inconnu, Delory finit par le découvrir. Il se rendit dans son couvent, causa avec lui et, convaincu de sa sincérité, l'engagea à quitter le cloître. Après plusieurs visites, le moine Ferrand suivit les conseils de Delory.
Et immédiatement il reprit le bâton de polerin, mais pour aller, entre ses heures de travail, porter la bonne parole socialiste aux ouvriers et aux paysans. Par la suite, il devint conseiller municipal d'Avion dans le Pas-de-Calais, maire, conseiller général. En 1919, les ouvriers l'envoyèrent à la Chambre. En 1924, il fut réélu.
Sur son lit de mort.ce brave homme pouvait estimer qu'il avait rempli tout son devoir.