Gazette des Tribunaux
Le Tricotin est identifié
La Cour d'assises de Saint-Omer condamnait, l'anée dernière, par contumace, à vingt tans de travaux forcés, pour meurtre, un malfaiteur dangereux connu sous le sobriquet du Tricotin, et que le Parquet d'Arras recherchait pour vols qualifiés.
Ces jours derniers, on arrêtait à Audun-le-Tiche, pour infraction à un arrêté d'expulsion, un Italien, Ludovico Bajeo, qui, conduit à Metz, fut identifié pour être le fameux Tricotin.
Avant de repasser devant la Cour d'assises, Bajeo a été condamné, hier, à un mois de prison par le tribunal correctionnel de Metz.
Les billets du préfet de police
M. Morain, préfet de police, envoyait, au mois de juin dernier, à sa fille, en villégiature à Cannes, une lettre renfermant cinq billets de 100 francs qui ne parvinrent jamais à destination. Une surveillance fut exercée au bureau de poste du Tribunal de commerce, où la lettre avait été jetée; elle amena l'arrestation d'un employé, Jean Séverac, qui avoua qu'il décachetait, tous les matins, un certain nombre de lettres.
Séverac a comparu, hier, devant la onzième chambre correctionnelle. Pour sa défense, il a déclaré qu'il se contentait de dérober pour ses dépenses de café.
Après plaidoirie de Me Pierre Weill, l'employé des P. T. T. a été condamné à huit mois de prison.
Les manifestants devant le tribunal
Quatorze des communistes arrêtés vendredi soir, au cours des manifestations, ont comparu, hier après-midi, devant la onzième chambre correctionnelle, présidée par M. Hibon.
Les nommés Lucien Beldon, Frédéric Julhes, Marius Martel, René Trezet, Adrien Billard, Robert Blache, Frédéric Morel, Lucien Herouard, Georges Roy, Emile Bureau et Mmes Yvonne Isella et Raymonde Letort, épouse Herouard, âgés de dix-neuf à vingt-sept ans, accusés d'outrages, violences et rebellion, ont demandé le renvoi de l'affaire à mercredi, afin de pouvoir faire choix d'avocats et de faire citer des témoins, ce qui leur a été accordé.
Louis Presset a demandé d'être jugé tout de suite; il a déclaré qu'ayant aperçu des passants lesquels, rue du Rocher, semblaient se diriger vers les grands boulevards, il leur avait dit : « Prenez garde, voilà les « bourriques »!» Or, c'étaient des agents en civil.
Le président constate que le rapport des agents n'est pas conforme à la déclaration du prévenu. En conséquence l'affaire est renvoyée à mercredi, pour l'audition des agents.
Puis le nommé Pointard, jardinier en banlieue, déclare qu'il rentrait chez lui; arrêté porteur d'une matraque, il affirme qu'il a l'habitude de s'armer d'une matraque parce qu'il rentre la nuit à son domicile. Il est condamné à un mois de prison. Enfin, le jeune Louis Tranger, âgé de dix-sept ans, accusé d'outrages et de violences, est renvoyé devant un juge d'instruction, en sa qualité de mineur.
Communistes en correctionnelle
TOURS, 29 août. Aujourd'hui est venue devant le tribunal correctionnel l'affaire de propagande antimilitariste dans laquelle sont inculpés douze militants communistes, notamment Mme Suzanne Giraud, de Paris...
A l'appel de leur nom, les inculpés n'ont pas répondu. Le tribunal a prononcé le défaut.
Après le réquisitoire, l'affaire a été mise en délibéré. Le jugement sera rendu à une date ultérieure.