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Excelsior - 30 août 1925

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LE PLUS MALIN DES TROIS

DIJON, 29 août.- Un boucher de Dijon qui voulait vendre son fonds demanda récemment à son propriétaire, habitant à Nuits-Saint-Georges, l'autorisation de céder son droit de bail; le propriétaire accepta mais sous réserve que, sur le nouveau contrat, le lover serait porté de 900 à 2,400 francs et que, de plus, le boucher aurait à verser après la signature une somme de 10,000 francs de la main à la main.
La transaction fut acceptée et tout se passa entre les deux parties exactement comme il avait été convenu. Le contrat était donc signé, mais le rusé locataire avait remis à son propriétaire, comme « denier à Dieu », au lieu d'argent sonnant et trébuchant, selon l'ancienne formule, un bon de la Défense Nationale de 10,000 francs qu'il avait emprunté à son beau-frère. Le susdit propriétaire ne fit d'ailleurs aucune difficulté pour accepter ce bon, n'exigeant qu'un petit supplément de 50 francs pour les intérêts.
Tout semblait donc arrangé, quand l'affaire se compliqua de singulière façon; à peine le boucher avait-il en poche son contrat signé, paraphé par les parties et les témoins, que son beau-frère, qui lui avait prêté le bon de 10,000 francs, se rendait au commissariat de police et portait plainte contre inconnu pour le vol d'un bon de la Défense Nationale de 10,000 francs dont il donnait le numéro; et ce numéro était précisément celui du bon remis au propriétaire de Nuits-Saint-Georges.
Finalement le propriétaire sera poursuivi pour suroffre et devra restituer les 10,000 francs à leur légitime possesseur, le beau-frère, qui a fait une fausse déclaration de vol, sera poursuivi devant la juridiction correctionnelle pour outrages à magistrat en raison de sa fausse plainte. Quant an boucher que l'on n'a aucune raison de tracasser, il se tire d'affaire avec un bail renouvelé en bonne et due forme, aux frais des deux autres et sans avoir eu à débourser lui-même ce qu'exigeait son propriétaire.


30 août 1925